En bref
Selon LIGA.net, RegioJet prévoit de prolonger sa liaison régulière Prague — Chop jusqu'à Oujhorod. La compagnie constate une croissance soutenue de la demande : 75 000 passagers la première année et 105 000 la deuxième — soit +40%, pour un total d'environ 180 000 personnes sur deux saisons.
Pourquoi c'est important pour l'Ukraine
En 2025, l'Ukraine a posé 22 km de voie au gabarit européen (1 435 mm) de Chop à Oujhorod et a lancé son électrification. Ce n'est pas seulement une avancée technique — c'est une connexion directe au réseau ferroviaire de l'UE, qui facilite la logistique, le tourisme et la mobilité des flux de main-d'œuvre et d'étudiants. Pour la Transcarpatie, c'est un canal supplémentaire d'activité économique et un symbole d'une intégration infrastructurelle rapide avec l'Europe.
La demande et les décisions opérationnelles
Pour répondre à la hausse de la demande, RegioJet a déjà augmenté sa capacité : à l'été 2025 le nombre de voitures du train est passé de trois à quatre, et les places de 200 à 260 ; le prix de départ du billet — à partir de 19,6 euros. RegioJet reste le seul transporteur ferroviaire privé de passagers à assurer actuellement des liaisons internationales régulières vers l'Ukraine — un signal pour les investisseurs et un marqueur de confiance pour le marché ukrainien des transports.
La demande pour cette liaison augmente de manière constante. Nous continuerons à investir dans le développement de cette ligne et à rechercher de nouvelles opportunités pour simplifier et étendre encore davantage la connexion avec l'Ukraine.
— Radim Jančura, propriétaire de RegioJet (communiqué LIGA.net)
Quels obstacles techniques et administratifs restent
La prolongation du trajet ne dépend pas seulement de la volonté du transporteur. Il faut achever l'électrification, certifier le matériel roulant selon les normes européennes, harmoniser les procédures frontalières et résoudre les questions logistiques aux gares. Illustration : le lancement gelé de la liaison Kyiv–Berlin — RegioJet a reporté le projet en raison de l'absence de progrès dans la construction du terminal de correspondance à la gare Mostyska II.
Et après — prévisions et impératifs
Si la ligne est prolongée jusqu'à Oujhorod, cela augmentera la mobilité transfrontalière, soutiendra le trafic touristique et d'affaires de la Transcarpatie et donnera un nouvel élan aux investissements d'infrastructure. Mais pour cela il faut transformer les intentions déclaratives en étapes concrètes : achever l'électrification, accélérer la certification technique, harmoniser les procédures frontalières et assurer la communication entre les opérateurs et régulateurs ukrainiens et tchèques.
Question aux partenaires et aux autorités : y aura-t-il suffisamment de volonté politique et technique pour transformer cette demande en une ligne de transport stable, qui contribuera à la reconstruction économique et à l'intégration européenne de la région ?