De quoi il s'agit
Le Ministère du développement des communautés et des territoires a proposé une réforme du marché des transports en voitures particulières sur commande, qui introduit la notion de «transporteur automobile travailleur indépendant». L'idée est simple : le conducteur travaille avec son véhicule personnel, sans s'enregistrer comme FOP et sans employés, recevant des commandes exclusivement via des plateformes en ligne — et les plateformes jouent le rôle de agent fiscal, retenant automatiquement les impôts sur les revenus.
Principales dispositions du projet
Selon les données officielles, environ 9 500 taxis sont licenciés en Ukraine, alors que les plateformes numériques comptent plus de 200 000 conducteurs actifs. Pour réguler le marché, il est proposé :
- délivrer un certificat électronique personnel de conducteur valable deux ans via le système Ukrtransbezpeka ; le coût du certificat — un minimum vital (en 2026 — 3 328 грн) ;
- égaler automatiquement les licences en vigueur au droit d'exercer pendant deux ans ; une période de grâce de trois mois sans sanctions est prévue pour obtenir le certificat ;
- exigences pour le conducteur : âge minimum 20 ans, expérience de conduite d'au moins deux ans, pas plus de cinq infractions systématiques au code de la route au cours de l'année précédant la délivrance du certificat ;
- les plateformes contrôlent le temps de travail — pas plus de huit heures de conduite continue par jour ;
- les véhicules subissent des contrôles techniques réguliers ; chaque véhicule se voit attribuer un identifiant électronique unique, grâce auquel le passager pourra vérifier les informations du conducteur, la photo et la validité du certificat.
"L'objectif de la réforme — sortir le secteur de l'ombre et assurer une fiscalité transparente des revenus des conducteurs, tout en simplifiant la procédure d'enregistrement pour ceux qui travaillent via les plateformes."
— Ministère du développement des communautés et des territoires
Pourquoi c'est important pour l'État et pour les conducteurs
Les Ukrainiens dépensent chaque année des dizaines de milliards de hryvnias pour les services de taxi, mais une part importante de cet argent échappe au budget via le secteur informel. L'introduction des certificats et du rôle de la plateforme en tant qu'agent fiscal pourrait augmenter sensiblement les recettes budgétaires, formaliser les revenus des conducteurs et protéger les passagers grâce à l'identification électronique des véhicules et aux mécanismes de contrôle.
"Si l'initiative est mise en œuvre avec un contrôle strict et une intégration technique des plateformes, cela apportera des recettes supplémentaires au budget et augmentera la sécurité des transports de passagers."
— analystes du marché du taxi et des transports
Risques possibles et points d'attention
La réforme ne garantit pas automatiquement le succès : la préparation technique des plateformes, une procédure transparente de délivrance des certificats et un contrôle effectif du temps de travail sont nécessaires. Pour les conducteurs, cela représente des coûts supplémentaires (certificat, contrôle technique) et de nouvelles obligations administratives ; pour les plateformes, l'obligation d'agir en tant qu'agent fiscal et de tenir la comptabilité correspondante. Plusieurs tentatives précédentes de réforme du marché ont déjà eu lieu — elles n'ont pas produit les résultats escomptés en raison de conflits d'intérêts et de lacunes dans le contrôle.
Conclusion
Le projet de loi peut constituer une première étape vers la légalisation d'un vaste segment du transport numérique — mais l'effet dépendra de sa mise en œuvre : intégration technique des plateformes, rigueur des autorités de contrôle et volonté des conducteurs d'adopter les nouvelles règles. La question est de savoir si l'État parviendra à transformer les déclarations en recettes fiscales stables — sujet des prochains mois.