La raffinerie de Volgograd s'est arrêtée après une frappe — l'unité AVT‑1 touchée, l'approvisionnement en carburant de la Russie menacé

Reuters rapporte des dommages à une unité clé de l'usine Lukoil. Cela se traduit par une perte d'environ 40 % de la capacité et des complications possibles pour la logistique des carburants, notamment pour les approvisionnements militaires.

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Фото: Вікіпедія

Ce qui s'est passé

Selon Reuters, la raffinerie de Volgograd du groupe «Lukoil» a suspendu son activité le 11 février après une frappe qui a endommagé l'unité primaire AVT‑1. Des sources du secteur du raffinage en Russie estiment sa capacité à 18 600 t/jour — environ 40% de la capacité totale de l'usine.

«La frappe a endommagé l'unité primaire AVT‑1, où se réalise la séparation du pétrole en principales fractions…»

— Reuters, citant deux sources du secteur du raffinage russe

Pourquoi c'est important

En 2024, la raffinerie de Volgograd a traité 13,5 millions de tonnes de pétrole (environ 5 % du raffinage total de la Russie) et produit des volumes importants de gazole (6 millions de tonnes) et d'essence (1,9 million de tonnes). L'endommagement de l'unité, qui fournit une part substantielle de la production de l'usine, peut compliquer l'approvisionnement en carburant à l'intérieur du pays et pour les forces engagées dans les combats. Toutefois, l'effet final dépendra des stocks disponibles, des possibilités de redéploiement des capacités de production et des réserves logistiques.

Lukoil n'a pas commenté la situation pour l'instant. L'usine avait déjà subi des frappes auparavant (14 août, 19 août et 6 novembre 2023), ce qui témoigne d'une action systématique contre l'infrastructure logistique de l'adversaire.

Contexte et conséquences

Parallèlement, le 12 février, des drones ont frappé une raffinerie à Ukhta — à environ 1 750 km de la frontière ukrainienne, ce qui souligne la capacité à porter des frappes loin en profondeur. Les analystes du marché de l'énergie soulignent que les frappes sur les infrastructures ont non seulement un effet tactique, mais engendrent aussi des coûts supplémentaires de réparation et de réorganisation logistique, renforçant la pression économique sur la Russie.

La question clé pour les semaines à venir est de savoir à quelle vitesse les entreprises russes pourront réorienter les approvisionnements ou rétablir la production de raffinage. Si les perturbations se poursuivent, cela pourrait affecter la disponibilité du gazole et les prix intérieurs, ainsi que la capacité à répondre aux besoins du front.

Ce qui va suivre

Nous suivrons les communiqués officiels de Lukoil et les confirmations indépendantes. Il est important de garder la tête froide : les frappes systématiques sur l'infrastructure arrière peuvent progressivement saper les capacités de l'adversaire, mais l'ampleur et le calendrier de ce processus dépendent des réserves techniques et logistiques, ainsi que de la réaction régionale aux conséquences des dommages.

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