En bref — ce qui s'est passé
Selon Bloomberg, lors de la dernière montée des tensions au Moyen-Orient, les prix du gaz naturel en Europe ont fortement augmenté, tandis que les prix de l'électricité sont restés relativement stables et ont même baissé la semaine dernière. Il y a quatre ans, des hausses similaires des prix de l'énergie avaient provoqué de fortes vagues inflationnistes — cette fois, on a réussi à éviter un saut massif.
Pourquoi les ENR fonctionnent comme un tampon
Le mécanisme est simple et rationnel : l'augmentation des capacités de production solaire et éolienne réduit la dépendance à la production à base de gaz lors des pics de consommation, car les énergies renouvelables (ENR) ont un coût marginal de production quasi nul. Cela signifie que lorsque le gaz se renchérit, la part de production issue des renouvelables « freine » la transmission de cette hausse aux prix de l'électricité. De plus, la baisse saisonnière de la demande a aussi pesé à la baisse — selon les calculs des analystes de Rabobank, sans les ENR et sans cet effet saisonnier, les prix européens de l'électricité seraient d'environ un tiers plus élevés.
« Ce que nous observons aujourd'hui, c'est la transition énergétique en action. Même quand les prix du gaz augmentent en réponse à des tensions géopolitiques, l'accroissement des capacités solaires et renouvelables en Europe aide à en atténuer l'impact »
— Jorge Martínez, directeur du développement, Nadara (producteur britannique d'énergies renouvelables)
Ce que disent les acteurs industriels
La direction des grandes compagnies énergétiques voit dans cette crise un signal renforcé pour investir dans l'électrification et se détacher des importations de combustibles fossiles. Comme l'a souligné le patron de RWE,
« Le signal d'investir dans l'électrification et de se débarrasser de la dépendance aux importations de combustibles fossiles est désormais encore plus fort »
— Markus Krebber, directeur général de RWE
Qu'est-ce que cela signifie pour l'Ukraine
L'expérience européenne n'est pas une théorie, mais un cas pratique qui oriente aussi nos priorités politiques. En 2024, le Cabinet a fixé l'objectif de 27 % d'ENR d'ici 2030, mais après le changement de ministre et l'attaque ciblée de la Russie contre le système énergétique ukrainien durant la saison de chauffe 2025–2026, le gouvernement prévoit de mettre à jour la stratégie. En février 2026, la Verkhovna Rada a modifié le modèle de soutien aux ENR après des enchères « vertes » infructueuses — le président du comité de l'énergie, Andriy Gerus, a déclaré ouvertement que le nouveau modèle pourrait devenir un stimulant pour la construction de nouvelles capacités dans l'Ukraine de la rive gauche, où règne un déficit énergétique.
Conséquences pratiques : davantage d'ENR signifie une moindre sensibilité aux fluctuations mondiales des prix du gaz, une structure de production plus répartie (ce qui renforce la résilience face aux attaques sur les infrastructures) et un argument plus solide dans les négociations pour obtenir des financements et des investissements de la part des partenaires.
Et après — bref pronostic
Le cas européen rend les investissements dans les ENR moins risqués et plus attrayants pour les prêteurs et les investisseurs. Pour l'Ukraine, cela signifie : accélérer la mise à jour de la stratégie, proposer un modèle de soutien transparent et prévisible, et orienter les financements vers les régions où la nouvelle production aura le plus grand effet en termes de sécurité. Reste à savoir si nous profiterons de cette fenêtre stratégique — cela dépend de la volonté politique et du rythme de réalisation des projets.
Conclusion : L'Europe a montré que les sources renouvelables ne sont plus seulement une « idée verte », mais un instrument de résilience énergétique. Pour l'Ukraine, c'est une chance de réduire la vulnérabilité face aux chocs externes et de renforcer la sécurité énergétique nationale. Il appartient désormais aux décideurs et au marché de transformer les déclarations en construction rapide et en financements — nous le verrons dans les années à venir.