Ce qu’a établi le DPS
Le Service national des impôts (DPS) signale des soupçons selon lesquels près d’un des commerçants sur le marché des bijoux ne déclarent pas leurs chiffres d’affaires réels. D’après le DPS, l’an dernier environ un tiers des opérateurs ont déclaré un chiffre d’affaires inférieur à 100 000 UAH par mois — un montant qui, en pratique, ne couvre pas les coûts de base de l’activité.
Sur le marché de la vente au détail de bijoux, plus de 2 100 entités commerciales sont actives, et près de 95 % d’entre elles sont des entrepreneurs individuels (FOP) sur le régime simplifié. C’est précisément cette structure qui rend le secteur vulnérable aux schémas d’évasion et au « fractionnement ».
Ce que dit la Taxation
"Malgré certains points positifs, l’analyse du DPS a montré qu’une partie des opérateurs déclare des chiffres d’affaires très faibles. L’an dernier, un tiers des entrepreneurs a fait état de recettes jusqu’à 100 000 UAH par mois. Mais en pratique, cela ne couvre même pas les dépenses de base de l’entreprise – salaires, loyers, achat de marchandise et impôts. Il existe donc vraisemblablement une sous-estimation des volumes de vente et une non-saisine complète des opérations via RRO/PRRO",
— Lesya Karnaukh, directrice par intérim du Service national des impôts
Pourquoi les chiffres ne coïncident pas
Une logique simple : si les recettes officielles ne couvrent pas les salaires, les loyers et les achats, alors une partie des ventes n’est pas enregistrée ou est répartie entre plusieurs enregistrements (pratique de "fractionnement"). Exemple issu des contrôles — une marque qui opérait via 18 FOP enregistrés.
À cela s’ajoutent des problèmes systémiques : conséquences des bombardements, difficultés d’approvisionnement en énergie, manque de personnel, pression de l’importation et instabilité monétaire. Selon les estimations des acteurs du marché (LIGA.net), la demande de bijoux ne s’est pas encore rétablie au niveau d’avant-guerre — baisse de la demande de 15–20 % et contraction du marché en 2025 d’environ 10 %.
Facteur supplémentaire — la fluctuation des prix des matières premières : le prix de l’or au début de 2026 a dépassé 5 000 $ l’once, ce qui complique les calculs et incite à rechercher des façons de réduire la charge fiscale.
Conséquences pour le marché et pour l’État
L’évasion et la part informelle des ventes entraînent trois risques majeurs : des impôts perdus pour le budget, des conditions inégales pour ceux qui opèrent légalement, et une instabilité du marché qui effraie les investisseurs et freine la reprise du secteur.
Pour les employés, c’est aussi un enjeu : le salaire officiel déclaré dans le secteur est de l’ordre de 8–9 000 UAH, alors que les paiements réels, selon le DPS, sont supérieurs de 2–3 fois. Les schémas illégaux réduisent le package social et la protection des travailleurs.
Ce qui peut être fait
Analystes et spécialistes fiscaux proposent de combiner contrôle strict, solutions techniques et incitations au commerce légal : audits ciblés sur les segments à risque, lutte contre le fractionnement, simplification du fonctionnement des RRO/PRRO et digitalisation de la comptabilité, ainsi que soutien aux producteurs ukrainiens pour promouvoir leurs produits sur le marché intérieur.
Conclusion
Le problème ne se réduit pas aux chiffres sur le papier. Il s’agit d’une question de confiance — entre l’État et les entreprises, entre le vendeur et l’acheteur. Si les déclarations ne se traduisent pas en actions réelles (rapports plus précis, outils de contrôle efficaces et soutien au producteur légal), les marchés se rétabliront plus lentement et les pertes budgétaires ainsi que l’affaiblissement de la protection sociale augmenteront. Sera-t-ce l’occasion d’un nettoyage systémique du marché — cela dépendra de la rapidité et de la coordination des décisions des pouvoirs publics et des acteurs économiques.