Ce qui s'est passé
Selon un entretien exclusif de LIGA.net avec le CEO d'IDS Ukraine, Marko Tkachuk, les nouvelles gammes de produits de la société ont entièrement compensé la perte de Borjomi dans le portefeuille de marques. En 2025, la part de ces nouveaux produits dans les ventes s'est élevée à 11% en volume et à 13% en valeur.
Les chiffres qui comptent
Pour comparaison : Borjomi représentait environ 12,6% de la structure des ventes en 2021. En revanche, en 2024 IDS Ukraine détenait jusqu'à 10% du marché des boissons non alcoolisées et des boissons énergisantes. Ainsi, la société non seulement a retrouvé ses positions après la perte de la marque internationale, mais elle pose aussi les bases d'une croissance dans un nouveau segment.
«Le marché des eaux aromatisées et parfumées a progressé de 5,5% sur les 11 premiers mois de 2025, et la part de la gamme «Morshynska+» y a atteint 40%.»
— Marko Tkachuk, CEO d'IDS Ukraine
Pourquoi cela s'est produit
L'explication est simple et rationnelle : les tendances de consommation mondiales — la demande pour des eaux «fonctionnelles» et aromatisées — s'imposent aussi en Ukraine. L'Europe, l'Amérique du Nord et la Chine ont déjà traversé ce cycle, et la nouvelle génération de consommateurs veut plus qu'un simple liquide : elle recherche le goût et un bénéfice additionnel. IDS a suivi ce vecteur en lançant la boisson énergisante «Volia», la «Limonad» et «Morshynska+» précisément pendant la guerre à grande échelle.
«En Ukraine, il n'y a pas encore de linéaire distinct pour cette catégorie, comme cela a été le cas autrefois pour les boissons énergétiques. Mais nous voyons un fort potentiel dans le fait que pour l'instant les eaux fonctionnelles sont présentées dans la gamme générale d'eaux.»
— Marko Tkachuk, CEO d'IDS Ukraine
Ce que cela signifie pour le consommateur et l'économie
Premièrement, c'est un signal de résilience de la production ukrainienne : la perte d'une marque importée est compensée par des produits locaux, ce qui préserve les emplois et les revenus au sein de la chaîne d'approvisionnement. Deuxièmement, pour le consommateur, cela se traduit par plus de choix dans la catégorie des boissons non alcoolisées ; pour le retail, cela ouvre la possibilité de créer de nouveaux linéaires dédiés aux eaux fonctionnelles. Troisièmement, pour les investisseurs et partenaires, c'est un marqueur d'adaptabilité : l'entreprise réoriente rapidement son portefeuille et protège son chiffre d'affaires dans des conditions difficiles.
Conclusion
Fait : les nouvelles marques d'IDS ont généré 13% du chiffre d'affaires en 2025 et ont comblé la niche laissée par Borjomi. Analyse : l'épreuve suivante sera de transformer ce succès temporaire en une part de marché stable, en créant des linéaires clairs et une distribution à grande échelle. La capacité du secteur à saisir cette fenêtre d'opportunité est une question pour les entreprises et le retail, mais il ne s'agit plus seulement de marques : c'est une question de résilience économique en temps de guerre.