L'essentiel de la décision
La Cour suprême a rejeté, le 10 février 2026, le pourvoi en cassation et confirmé les décisions antérieures : dans la bande riveraine de protection de la rivière Либідь ont été érigées illégalement des constructions fixes — une station de lavage automobile et un atelier de montage de pneus — d'une surface totale de près de 300 m². D'après le Bureau du Procureur général et l'agence UNN, le tribunal a ordonné la démolition des ouvrages et la restitution du terrain à la communauté de Kiev ; sa valeur approximative — environ 9 millions de hryvnias.
«Les juridictions de tous niveaux ont donné raison aux arguments du procureur selon lesquels l'implantation d'une station de lavage et d'un atelier de montage de pneus sur les terres protégées de la rivière Либідь contrevient aux lois foncières et sur l'eau, et entraîne des conséquences écologiques négatives.»
— Bureau du Procureur général
Pourquoi c'est important
La décision a une portée non seulement locale mais aussi systémique. D'une part, elle confirme la priorité accordée à la protection des bandes riveraines dans la jurisprudence — ces zones jouent le rôle de filtre et de bouclier pour les eaux urbaines. D'autre part, le verdict s'inscrit en cohérence avec la conception de régénération de la rivière Либідь dans la capitale — c'est un pas vers la restauration de l'environnement naturel et la réduction du risque de pollution.
Par ailleurs, la victoire judiciaire des procureurs envoie un signal sur le renforcement des responsabilités : l'utilisation illégale de terrains précieux ne restera plus sans conséquence, et la restitution des parcelles à la collectivité ouvre des perspectives pour des projets publics de restauration des berges.
Ce qui suit
La mise en œuvre concrète de la décision — démantèlement des ouvrages et restitution physique de la parcelle au contrôle de la collectivité — dépendra des mesures prises par les autorités locales et du contrôle des organes chargés de l'application de la loi. C'est un test pour l'efficacité de l'exécution des décisions judiciaires et pour la capacité de l'administration municipale à concrétiser les plans écologiques.
La décision s'inscrit aussi dans un contexte plus large de renforcement du contrôle sur le fonctionnement des services municipaux : des procédures récentes engagées contre des responsables d'entreprises communales (notamment pour l'entretien hivernal des routes) témoignent de l'attention accrue des forces de l'ordre portée à l'efficacité et à l'intégrité de la gestion urbaine.
Conclusion
Cette affaire illustre comment les institutions publiques et les tribunaux peuvent protéger l'intérêt public et l'environnement sans grandes déclarations, mais par des décisions concrètes. La question clé demeure maintenant : les décisions judiciaires se traduiront‑elles par un démantèlement réel et par la restauration de la bande riveraine de la rivière Либідь, ou resteront‑elles une victoire formelle sur le papier ?