Autoriser les Russes et les Biélorusses à participer sous leurs drapeaux nationaux aux Jeux paralympiques — un défi pour la confiance dans le sport international

La décision du Comité international paralympique d'autoriser plusieurs athlètes de la Russie et du Bélarus à participer sous leurs symboles nationaux a des conséquences non seulement sportives, mais aussi diplomatiques. Nous expliquons pourquoi cela est important pour l'Ukraine et quelles mesures les autorités de Kyiv ont déjà prises.

39
Partager:

Pourquoi c'est important

La décision du CIP d'autoriser la participation de 6 athlètes russes et de 4 athlètes biélorusses aux Jeux paralympiques 2026 à Milan‑Cortina sous leurs drapeaux nationaux touche bien plus que le sport. Il s'agit d'une question de confiance envers les institutions internationales, de responsabilité morale des organisateurs et d'un signal adressé aux victimes de l'agression. C'est pourquoi la réaction des autorités de Kyiv mérite l'attention de tous ceux qui suivent la sécurité et la réputation de notre État.

Ce qui s'est passé

Le Comité paralympique international a pris une décision attribuant des quotas à six athlètes de Russie dans le ski paralympique, le ski de fond et le snowboard, et à quatre Biélorusses en ski de fond. La décision prévoit la possibilité de hisser officiellement les symboles nationaux de ces pays pendant les épreuves.

La réaction de l'Ukraine

Le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Jeunesse et des Sports ont publié une déclaration commune qualifiant cette admission d'inacceptable et susceptible de saper la confiance dans le sport international. Les autorités ukrainiennes insistent sur le fait que le fait de hisser les drapeaux et d'entendre les hymnes de pays menant une guerre d'agression contre l'Ukraine revient en pratique à justifier les crimes commis par leurs régimes.

Les drapeaux et les hymnes des agresseurs incarnent des régimes qui mènent une guerre d'agression. Avec ces drapeaux en mains, on détruit des villes. En les brandissant, on tue des civils. La Russie a transformé le sport en un instrument de guerre contre le monde libre, et pas seulement contre l'Ukraine. Dans le mouvement paralympique, la Fédération de Russie glorifie les participants de la guerre d'agression. On leur remet des distinctions pour leur soutien à l'agression. L'Ukraine a déjà appliqué des sanctions contre les propagandistes sportifs russes, le Comité paralympique de Russie et son dirigeant Павел Рожков

— déclaration conjointe du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Jeunesse et des Sports de l'Ukraine

Par ailleurs, Андрій Сибіга a ordonné aux ambassadeurs ukrainiens d'engager des négociations avec les gouvernements des pays hôtes et de les inviter à ne pas participer à la cérémonie d'ouverture, comme moyen de pression diplomatique. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Матвій Бідний, a déclaré que la décision du CIP favorise en pratique la «légitimation» de la guerre et des crimes commis par la Russie.

Ce que cela signifie et quelles sont les prochaines étapes

La décision du CIP place la communauté internationale devant un choix entre les principes d'inclusion des athlètes et la responsabilité des institutions envers les victimes de l'agression. Les analystes en diplomatie sportive soulignent que les organisations cherchent souvent à éloigner le sport de la politique, mais en temps de guerre ouverte une telle distance devient illusoire.

Les prochaines étapes dépendront du CIP et des pays partenaires : renforceront‑ils les restrictions concernant la symbolique, appliqueront‑ils des boycotts diplomatiques des cérémonies, ou chercheront‑ils des compromis en accordant un statut neutre aux athlètes ? Parallèlement, l'Ukraine a d'ores et déjà entamé des démarches dans les canaux diplomatiques — un pas pragmatique et attendu qui pourrait influencer les décisions ultérieures des organisateurs.

Conclusion

La décision d'autoriser la participation sous les drapeaux n'est pas seulement un précédent sportif, mais un signal sur la manière dont les institutions internationales équilibreront l'apolitisme du sport et leur responsabilité envers le droit international et les victimes de l'agression. Les déclarations se transformeront‑elles en actions concrètes ? C'est une question adressée au CIP et à ses partenaires. L'Ukraine a déjà fait son choix : protéger la mémoire et les droits des victimes, en recourant à la diplomatie et aux sanctions.

Actualités du monde

Politique

La décision du Comité paralympique international d'autoriser les athlètes de Russie et du Bélarus à participer sous leurs propres drapeaux a suscité une vive réaction de Kiev — le président l'a qualifiée de «sale» et «épouvantable», et des responsables ukrainiens ont annoncé le boycott des Jeux paralympiques (6–15 mars). Nous analysons pourquoi cela est important non seulement pour le sport, mais aussi pour l'image et la sécurité de l'Ukraine.

il y a 4 heures