Un drone a frappé un oléoduc à Primorsk — le cœur de la « flotte fantôme » russe en mer Baltique

L'attaque du 5 avril contre un oléoduc près de Prymorsk n'est ni la première ni un coup isolé : le port traite environ 60 millions de tonnes de pétrole par an et constitue le principal nœud d'un schéma «souterrain» de contournement des sanctions.

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Карта (фото: google.com)

Le matin du 5 avril, un drone a attaqué un oléoduc près de Primorsk, dans la région de Léningrad. Le gouverneur de la région, Alexandre Drozdenko, a confirmé les dégâts : le fonctionnement du pipeline a été interrompu, et l'incendie qui s'est déclaré « se consume de manière contrôlée » — la conduite a été fermée et la combustion se déroule en mode sécurisé. Aucune victime n'est signalée.

Pas seulement un tuyau : un nœud de « l'exportation pétrolière parallèle »

Primorsk est le point final du système de pipelines de la Baltique géré par le monopole d'État « Transneft ». Environ 60 millions de tonnes de pétrole transitent chaque année par ce port, rapportant à la Russie environ 15 milliards de dollars par an. Selon le Kyiv Independent, qui cite une source au SBU (Service de sécurité de l'Ukraine), Primorsk est précisément un hub clé pour la « flotte parallèle » — d'anciens pétroliers que la Russie utilise pour contourner l'embargo pétrolier occidental.

Avec le port d'Ust-Luga, Primorsk traite environ 2 millions de barils par jour — la majeure partie des exportations pétrolières maritimes russes vers la Baltique.

L'attaque d'avril : dans le contexte d'une série de frappes

Le 5 avril n'est pas le premier coup porté à la région. Fin mars 2025, les forces de défense ukrainiennes ont lancé une série d'attaques contre Primorsk et Ust-Luga : selon Reuters, les frappes ont détruit au moins huit réservoirs d'une capacité de 50 000 mètres cubes chacun, et Primorsk a perdu jusqu'à 40 % de ses stocks. La fumée des incendies était visible depuis la rive finlandaise.

« Cette attaque est l'un des plus importants coups portés aux installations d'exportation pétrolière de la Russie en quatre ans de guerre »

Reuters, citant des sources du secteur

À la suite des frappes combinées contre les ports et les raffineries, Reuters estime que les capacités d'exportation de la Russie ont été réduites d'environ 1 million de barils par jour — soit près de 20 % des capacités totales. Avec des terminaux bloqués, le système de pipelines de « Transneft » est devenu encombré, compliquant la reprise de la production.

Effet de chaîne : de la Baltique à Kirishi

Parallèlement aux ports, la raffinerie KINEF à Kirishi — l'une des plus grandes raffineries de Russie, située en amont du même système de pipelines — a également été touchée. D'après Reuters, l'usine ne pourra pas reprendre ses activités avant au moins un mois — et seulement si les ports reprennent les expéditions.

  • Primorsk — a perdu jusqu'à 40 % de ses stocks, les chargements suspendus
  • Ust-Luga — a cessé les chargements après cinq frappes en dix jours
  • KINEF (Kirishi) — l'unité de raffinage la plus puissante arrêtée
  • Lituanie — l'un des drones s'est écrasé sur son territoire après s'être égaré lors de l'attaque contre Primorsk

La Première ministre de Lituanie a confirmé que le drone visait précisément des infrastructures d'exportation pétrolière russes, mais avait perdu son orientation. Cet incident a ouvert un débat distinct au sein de l'OTAN sur les risques des opérations de drones longue portée à proximité des frontières de l'Alliance.

Si la frappe d'avril sur l'oléoduc s'avère faire partie d'une nouvelle vague d'attaques plutôt que d'un incident isolé, la question est simple : Transneft pourra-t-elle tenir le rythme de la remise en état avant le début de la saison de navigation estivale, quand la demande de transports par pétroliers augmente traditionnellement ?

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