Disqualification de Heraskevych : Zelensky — « le mouvement olympique doit s'en souvenir ». Qu'est-ce que cela signifie pour l'Ukraine et le CIO ?

Le président a réagi à la décision du CIO de disqualifier le skeletoniste ukrainien en raison d'un casque commémoratif. Nous expliquons pourquoi il ne s'agit pas seulement d'une réaction émotionnelle, quelles règles ont pu être appliquées et quelles mesures sont possibles ensuite (appel au TAS, pression diplomatique).

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Bref

Le Comité international olympique (CIO) a disqualifié le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych avant sa première descente aux Jeux olympiques 2026 à Milan — en raison de l’intention de l’athlète de s’élancer avec ce qu’il appelle un «casque commémoratif» portant les portraits des personnes tuées. Le président Volodymyr Zelensky a réagi vivement, qualifiant la décision de «non conforme aux principes de l’olympisme» et appelant le CIO à ne pas se désengager face aux conséquences de l’agression russe (source — UNN).

Ce qui s'est passé

Le CIO s’est appuyé sur des règles limitant les manifestations politiques ou provocatrices lors des compétitions et a prononcé la disqualification avant le départ de l’athlète. Heraskevych, selon les informations, a l’intention de contester la décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS, en anglais CAS).

«Le sport ne signifie pas l’oubli, et le mouvement olympique doit aider à arrêter les guerres, pas jouer le jeu de l’agresseur. Ce n’est certainement pas conforme aux principes de l’olympisme, qui reposent sur la justice et le maintien de la paix.»

— Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine (allocution publique)

Pourquoi c'est important

La décision concerne plus qu’un seul athlète. Elle se situe à l’intersection de deux logiques : les règles de neutralité du sport et le droit à la mémoire ainsi que la prise de position morale en temps de guerre. Pour les Ukrainiens, la mémoire des morts n’est pas une manifestation, mais un marqueur éthique. Le président a rappelé aussi les pertes réelles : 660 athlètes et entraîneurs ukrainiens tués depuis le début de la guerre à grande échelle ; parallèlement, selon lui, 13 Russes participent actuellement en Italie sous des drapeaux neutres et soutiennent publiquement l’agression. Ces éléments contextualisent la question : la «neutralité» peut-elle ignorer des dimensions morales évidentes du conflit ?

Réactions et perspective juridique

Des experts en droit du sport soulignent que le CIO invoque souvent des articles de la Charte olympique limitant les expressions politiques lors des événements. En revanche, des défenseurs des droits humains et une partie de la communauté sportive insistent sur la différence entre la propagande et l’hommage à la mémoire. Un recours au TAS pourrait créer un précédent : soit il consolidera une interprétation plus stricte de la «neutralité», soit il élargira la compréhension des formes d’expression admises pendant les compétitions.

«Je vais saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS).»

— Vladyslav Heraskevych, skeletoneur (selon des médias)

Et la suite

Les prochaines étapes sont évidentes : l’appel juridique de l’athlète devant le TAS et la diplomatie politique du côté ukrainien. L’issue de l’affaire pourrait déterminer comment le sport international équilibrera la neutralité formelle et les circonstances humanitaires/morales liées à la guerre. Pour le lecteur, il s’agit d’une question de sauvegarde des valeurs : les institutions internationales seront-elles prêtes à prendre en compte le contexte lorsqu’il s’agit de mémoire et de vies humaines ?

En résumé : l’affaire Heraskevych n’est pas seulement une crise individuelle, mais un test pour le mouvement olympique : saura-t-il concilier la règle de neutralité avec l’exigence de ne pas oublier le coût humain de la guerre ? La suite dépendra des instances juridiques et des partenaires du CIO — leurs décisions influenceront non seulement la réputation sportive, mais aussi l’autorité éthique du mouvement.

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