De quoi il s'agit
Selon Bloomberg, le président français Emmanuel Macron ne prévoit pas de rejoindre le soi‑disant Conseil de la paix initié par l'administration de Donald Trump. Un projet de statut consulté par l'agence prévoit que les pays souhaitant obtenir une place permanente doivent verser au moins 1 milliard de dollars. Le document indique également que Trump devrait devenir le premier président du conseil et recevra le pouvoir de trancher les questions d'adhésion.
Ce qu'on en sait en détail
Selon Bloomberg (18 janvier 2026), Trump a déjà invité plusieurs dirigeants, parmi lesquels sont cités le président argentin Javier Milei et, selon des sources, Mark Carney. Des interlocuteurs anonymes ajoutent que le statut pourrait être signé lors du Forum de Davos, mais que plusieurs dispositions en petits caractères ont suscité des réserves chez les personnes invitées.
Réactions des acteurs internationaux
"Nous étudions actuellement tous les détails de cette proposition, notamment et espérons des contacts avec la partie américaine afin d'éclaircir tous les enjeux"
— Dmitri Peskov, porte‑parole du Kremlin
"Dans l'appel adressé à la Biélorussie, dans le contexte du règlement de la situation à Gaza, il est proposé de devenir fondateur du Conseil de la paix, nouvelle organisation internationale"
— Ruslan Voronkov, porte‑parole du ministère des Affaires étrangères de Biélorussie
Selon les services, Loukachenko aurait apparemment accueilli la proposition "positivement" et déclaré être prêt à participer aux travaux du conseil, tandis que Paris a décidé de ne pas s'y associer — principalement par crainte que l'initiative ne dépasse le seul cadre de la bande de Gaza et ne porte atteinte aux principes de l'ONU, que la France estime intangibles.
Pourquoi c'est important — du point de vue de l'Ukraine
Cette initiative comporte plusieurs risques majeurs pour l'ordre international et la sécurité. D'abord, le modèle d'« adhésion payante » crée un précédent d'une représentation inégale sur les questions de paix et de sécurité — où l'influence se mesurerait aux contributions financières plutôt qu'à un mandat international. Ensuite, si des dirigeants que l'Occident considère comme révisionnistes ou agresseurs étaient introduits au conseil, cela pourrait devenir un instrument de légitimation pour des acteurs qui ont sapé les normes de sécurité. Pour l'Ukraine, de tels changements signifient le risque d'affaiblissement d'un front international uni contre l'agression et la complication des mécanismes diplomatiques sur lesquels repose notre sécurité.
Et ensuite
La décision de Macron envoie un signal aux autres capitales européennes : examiner les initiatives à l'aune de leur impact sur le système de sécurité collective et l'autorité de l'ONU. La question clé est désormais de savoir si d'autres grands acteurs suivront son exemple, ou si Trump parviendra à rassembler un nombre suffisant d'alliés pour donner au Conseil de la paix un poids réel. Pour l'Ukraine, il ne s'agit pas seulement d'une remarque diplomatique, mais d'une question de consolidation des partenaires et de préservation des instruments internationaux de pression et de protection.
L'épisode de cette proposition, qui prévoit des barrières financières importantes et de larges prérogatives pour le fondateur, pose une question simple aux partenaires occidentaux : sont‑ils prêts à défendre les règles qui rendent le monde prévisible ? La réponse déterminera quelle sera la scène globale pour l'Ukraine dans les années à venir.