Dernière chance avant une frappe : les États-Unis se préparent à des pourparlers avec l'Iran à Genève — que signifie cela pour l'Ukraine ?

Axios rapporte que Washington est prêt à rencontrer Téhéran le 27 février — à condition d'une proposition écrite. Nous examinons pourquoi ce tour de négociations pourrait être qualifié de « dernière chance », quels scénarios s'ouvrent et quels risques et opportunités cela comporte pour la sécurité de l'Ukraine.

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Стів Віткофф і Джаред Кушнер (Фото: LUDOVIC MARIN / EPA)

Ce qui s'est passé

Selon Axios, les États-Unis sont prêts à tenir un nouveau tour de négociations avec l'Iran le 27 février à Genève, si, dans les 48 heures, ils reçoivent une proposition écrite détaillée de Téhéran. L'information provient d'un haut responsable américain anonyme cité par le média.

Des responsables américains affirment que la pression diplomatique actuelle pourrait être la dernière chance avant une possible frappe militaire d'envergure des États-Unis et d'Israël, qui, selon le NYT, pourrait même viser le guide suprême iranien Ali Khamenei.

"Si l'Iran fournit un projet de propositions, les États-Unis sont prêts à se rencontrer à Genève pour entamer des négociations détaillées afin de voir s'il est possible d'aboutir à un accord nucléaire."

— un haut responsable anonyme, Axios

Selon des sources, l'envoyé spécial de l'administration et le gendre de l'ancien président doivent se rendre en Suisse si Téhéran envoie le document en début de semaine. Rappel : à Washington, on insiste sur une politique de « zéro enrichissement » de l'uranium en Iran, mais on envisage de discuter d'un « enrichissement symbolique » si Téhéran démontre l'impossibilité de fabriquer une arme nucléaire selon ce plan (selon Axios et des commentaires officiels des parties).

Comme l'a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (MS Now), le projet de proposition doit être préparé et transmis dès qu'il sera approuvé par la direction politique de Téhéran.

À quoi s'attendre dans la région

Le NYT et d'autres médias soulignent que Téhéran se prépare à un probable affrontement armé avec les États-Unis, en étudiant divers scénarios de riposte, y compris des « options de frappes » contre des figures clés du régime. Cela augmente le risque d'éclats de violence dans la région, de réactions de forces par procuration et d'escalade dans les pays voisins.

Ce que cela signifie pour l'Ukraine

En bref — trois conséquences pratiques auxquelles il faut prêter attention :

1) Distraction politique et militaire des partenaires. Une opération d'envergure, ou sa préparation, pourrait amener une partie des ressources occidentales et de l'énergie diplomatique à se tourner vers le Moyen-Orient. Cela compliquerait temporairement le plaidoyer pour des livraisons d'armes supplémentaires ou des sanctions contre l'agresseur en Ukraine.

2) Risques énergétiques et économiques. L'escalade pourrait provoquer une hausse des prix de l'énergie et des perturbations des chaînes logistiques — affectant directement la résilience économique de l'Ukraine et de ses partenaires.

3) Menace d'attaques cybernétiques et hybrides. L'Iran et ses groupes affiliés ont l'expérience de frappes asymétriques qui peuvent viser des infrastructures critiques ou l'espace informationnel des alliés de l'Ukraine.

"L'Iran ne peut actuellement accéder aux demandes des États-Unis dans les négociations, et une éventuelle frappe américaine contre la République islamique serait positive pour l'Ukraine."

— Oleksiy Danilov, vice-directeur du Centre d'études du Moyen-Orient (citation selon LIGA.net)

C'est l'avis de l'un des experts régionaux. Il reflète la logique selon laquelle un affaiblissement de l'Iran pourrait alléger la pression sur l'architecture internationale des sanctions et de la sécurité, mais créerait en même temps une instabilité à court terme — un risque qu'il convient d'évaluer séparément.

Scénarios d'évolution

Succès diplomatique : Téhéran fournit une proposition acceptable, l'accord repousse ou réduit la probabilité d'une frappe — baisse des risques pour l'énergie et moindre risque de distraction des partenaires.

Solution intermédiaire : Un accord temporaire ou un « moratoire » — une réduction temporaire de la tension, mais des questions non résolues pourraient resurgir ultérieurement.

Opération militaire : Une frappe des États-Unis/Israël pourrait conduire à une escalade plus vaste, à la déstabilisation de la région et à des impacts en cascade sur les marchés de l'énergie, le cyberespace et les priorités diplomatiques des partenaires.

Conclusion

Les négociations à Genève sont un test important pour la machine diplomatique américaine et une chance d'éviter un conflit à grande échelle. Pour l'Ukraine, l'essentiel est d'exiger des partenaires un plan d'action clair en cas d'escalade : garantir la résilience énergétique, renforcer la cyberdéfense et maintenir un canal de communication ouvert avec les capitales occidentales. La capacité à transformer la pression diplomatique en accords concrets et maîtrisés est la question qui définira les risques pour nous dans les semaines à venir.

Sources : Axios, The New York Times, MS Now, LIGA.net.

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