Ce qu'a dit Rutte
Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a appelé les alliés à ne pas répondre à la propagande du Kremlin et a noté : l'avancée des troupes russes se fait très lentement — "à la vitesse d'un escargot de jardin". Le message est rapporté par l'agence Anadolu.
"Ils veulent que nous percevions les Russes comme un ours puissant, mais on peut affirmer qu'ils avancent en Ukraine à la vitesse d'un escargot de jardin. Et n'oublions pas cela. Il ne faut donc pas tomber dans le piège de la propagande russe."
— Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN
Pourquoi la métaphore n'est pas seulement pour l'effet
Rutte utilise une image simple pour poser deux questions : premièrement, comment distinguer une opération d'information des risques réels ; deuxièmement, la perception d'une offensive « lente » n'incitera-t-elle pas les alliés à réduire le rythme de l'aide. Le risque réel — c'est lorsque des opérations complexes sur le front se transforment en politique de réduction des ressources.
Chiffres et contexte
Selon Rutte, les pertes russes sont importantes : en décembre 2025 — environ 35 000 tués, en janvier 2026 — environ 30 000. Il a également insisté sur l'accord des ministres de la Défense de l'OTAN pour poursuivre le soutien à l'Ukraine après la réunion à Bruxelles. Par ailleurs, des représentants de l'Alliance ont signalé une augmentation des pertes de l'ennemi pendant plusieurs mois consécutifs.
Ces données doivent être lues de concert avec deux faits : premièrement, les pertes élevées affectent la capacité à mener de grandes opérations offensives ; deuxièmement, même un « avancement » lent peut modifier la ligne de front et exiger de l'Ukraine et de ses partenaires un approvisionnement matériel et logistique constant.
OTAN — UE : coordination renforcée
Rutte a souligné que la coopération entre l'OTAN et l'UE est actuellement très forte, et que les alliés européens assument davantage la responsabilité de leur propre sécurité. C'est un signal important : la volonté politique se traduit en décisions opérationnelles — des livraisons d'armements à la logistique générale.
"Les forces de défense ont fait en sorte que l'armée russe ne s'accroît pas — les pertes en tués des occupants ont plus que doublé en un an."
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine (22 janvier 2026)
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
La métaphore de l'« escargot de jardin » sert de garde-fou contre deux erreurs : sous-estimer les pertes de la Russie et surestimer le rythme de ses succès. Pour l'Ukraine, cela signifie que la nécessité d'une aide stable demeure — même si l'avancée de l'adversaire semble lente. Un soutien durable et prévisible augmente les chances de succès opérationnels systémiques et permet de planifier des opérations sans risque de pénurie soudaine de ressources.
Conclusion
Rutte ne se contente pas de critiquer la propagande — il souligne une logique pratique : une offensive lente ne rend pas la guerre moins coûteuse pour la Russie et n'annule pas le besoin d'un soutien stable à l'Ukraine. La question pour les alliés est maintenant : transformeront-ils les paroles et les chiffres en décisions durables capables de résister à l'épreuve du temps ?