Ce qui s'est passé
Le 9 février, le skeltoniste Владислав Гераскевич a annoncé qu'un des responsables du CIO lui avait interdit d'utiliser un casque portant l'effigie d'athlètes morts du fait de l'agression russe. Le Comité national olympique d'Ukraine a saisi le CIO pour demander l'autorisation du casque. Le 10 février, le CIO a autorisé l'utilisation d'un ruban noir, mais pas du casque. Le 12 février, l'instance a pris la décision de disqualifier Гераскевич, en justifiant que «le casque ne respectait pas les règles». Ces décisions ont suscité une vive réaction des autorités ukrainiennes.
La position de Сибіга
"Le CIO n'a pas disqualifié un athlète ukrainien, mais sa propre réputation. Les générations futures se souviendront de cela comme d'un moment de honte"
— Андрій Сибіга, ministre des Affaires étrangères
Selon le ministre, Гераскевич souhaitait seulement honorer la mémoire de ses camarades tombés pendant la guerre, et il n'y avait là aucune violation de l'éthique ni des principes olympiques. Сибіга a également souligné que ce sont les Russes — et non l'hommage à leurs victimes — qui auraient dû être écartés : «aucun d'entre eux n'est neutre».
Contexte et pourquoi c'est important
Cette question mêle règles et politique. Сибіга insiste sur le fait que le principe de «neutralité» du CIO peut en réalité servir à justifier l'impunité de l'agresseur. Il a rappelé les actions offensives de la Russie pendant la trêve olympique, le programme d'État de dopage et, selon lui, les pertes du sport ukrainien : «a tué 650 sportifs et entraîneurs ukrainiens et endommagé 800 installations sportives» — ces chiffres, a-t-il avancé, illustrent l'ampleur des dégâts. De telles estimations doivent être considérées comme des déclarations d'un responsable, mais elles contribuent à façonner le discours sur la confiance envers les institutions internationales.
La réaction de l'Ukraine et les signaux internationaux
"Merci à Владислав — il rappelle au monde le prix de notre combat"
— Володимир Зеленський, président de l'Ukraine
Le Comité national olympique d'Ukraine a officiellement demandé au CIO d'autoriser le casque. La communauté internationale suit la situation de près : pour beaucoup, il s'agit d'un test pour savoir si les institutions sportives sont capables de trouver un équilibre entre l'apolitisme et l'exigence de principes face à des situations impliquant la mort de civils et d'athlètes.
Ce que cela peut signifier par la suite
À court terme — une perte de réputation pour le CIO et une pression accrue de la part de l'Ukraine et de ses alliés. À moyen terme — la question de savoir si les règles encadrant les manifestations de mémoire et de position pendant les compétitions seront réexaminées. Des experts en droit sportif international attirent l'attention sur le fait que le débat doit désormais passer des émotions aux procédures formelles : si le Mouvement olympique veut conserver la confiance, il devra définir plus clairement les limites de la «neutralité» et les responsabilités en cas de manquement aux principes.
Conclusion : ce n'est pas seulement l'histoire d'un casque. C'est un examen pour le système — peut-il protéger l'athlète tout en restant cohérent dans son attitude face à l'agression. La balle est maintenant dans le camp du CIO et de la communauté internationale : les déclarations se transformeront-elles en changements concrets de règles et de pratiques ?