Un Ougandais, appâté par la promesse d'un emploi en Russie, s'est rendu aux forces armées ukrainiennes — signe d'une crise des effectifs au Kremlin

À la veille du Nouvel An, près de Lyman, un originaire d'Ouganda s'est approché d'un point de contrôle. Une vidéo de la 63e brigade et une enquête de Bloomberg montrent comment Moscou recrute des étrangers et les transforme en chair à canon — nous décryptons les conséquences pour le front et la réaction internationale.

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Ce qui s'est passé

Fin 2025, un homme s'est approché d'un des postes de contrôle près de Lyman et s'est présenté comme originaire d'Ouganda. Un enregistrement vidéo de son témoignage a été publié par la 63e brigade mécanisée distincte, rattachée au troisième corps d'armée. Selon le prisonnier, il a été attiré en Russie par des promesses d'emploi, puis contraint de signer un contrat militaire sous la menace d'une arme.

À l'automne, les pilotes et l'infanterie de la 63e brigade parvenaient à neutraliser des mercenaires russes de peau noire qui, armes à la main, se dirigeaient vers nos positions. Ils n'avaient aucun document sur eux, de sorte qu'il était impossible d'identifier ces arrivants.

— 63e brigade mécanisée distincte

L'histoire de Richard

L'homme s'est présenté comme Richard. Selon lui, il a contracté un gros prêt pour acheter des billets d'avion et est venu en Russie à la recherche d'un emploi en supermarché. À la place, lui et plusieurs compatriotes ont été emmenés à Balashikha, où on leur a donné le choix : signer un contrat ou mourir d'une balle dans la tête. Au moins un des membres du groupe, affirme Richard, a été conduit devant un soldat qui tenait une arme automatique de service contre sa tête pour le forcer à signer des papiers.

Nous sommes arrivés, et on nous a dit : « Désolé les gars, mais maintenant vous êtes dans l'armée russe. » Nous avons répondu non, non, nous ne sommes pas venus pour ça, mais ils ont répliqué que les portes étaient bloquées et qu'il n'y avait pas d'issue.

— Richard, originaire d'Ouganda (d'après l'enregistrement de la 63e brigade)

Comment on recrute des étrangers

Ce n'est pas un cas isolé, mais un système. Bloomberg a déjà rapporté que le recrutement d'étrangers dans diverses régions et unités russes se fait via des plateformes en ligne — notamment Discord et des communautés de joueurs. La combinaison de vulnérabilité économique, de promesses de gains et de coercition rend cette pratique à la fois attrayante pour les recruteurs et catastrophique pour ceux qui sont recrutés.

Ce que cela signifie pour le front et pour le monde

Premièrement, le cas de Richard est un indicateur du déficit de personnel et de la crise de réputation au sein des forces russes : lorsque des ressources sont consacrées au recrutement d'étrangers, cela témoigne de problèmes au sein de la logistique de mobilisation du Kremlin.

Deuxièmement, il s'agit non seulement de force militaire, mais aussi de réseaux de trafic d'êtres humains et de canaux d'information qui permettent un tel recrutement. Cela doit attirer l'attention non seulement des renseignements ukrainiens, mais aussi des organisations internationales de défense des droits de l'homme et des partenaires qui documentent les atteintes à la dignité humaine.

Troisièmement, pour l'Ukraine, c'est une source d'information de renseignement : les témoignages recueillis et publiés donnent une idée des itinéraires, des camps et des méthodes de coercition, ce qui peut aider à interrompre ces réseaux et à améliorer la sécurité sur le front.

Conclusion

L'histoire d'un prisonnier originaire d'Ouganda est plus qu'une tragédie individuelle. Elle montre comment la combinaison du chantage économique et de la coercition militaire sert à affaiblir les États voisins tout en révélant les points faibles de la Russie elle-même. Reste à voir si la communauté internationale et les autorités ukrainiennes parviendront à transformer ces témoignages en mesures systémiques contre les réseaux de recrutement et de trafic d'êtres humains qui alimentent la guerre.

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