Ce qui s'est passé
La direction principale de la police nationale à Kyiv (GUNP), via l'agence UNN, a annoncé des soupçons à l'encontre du directeur adjoint d'un des départements de la KMDA : il aurait dissimulé dans sa déclaration annuelle des droits dans des sociétés et des revenus d'un montant total de plus de 4 millions de hryvnias, liés à l'activité d'une entreprise polonaise spécialisée dans le traitement des matières premières. Les faits se seraient produits lors du dépôt de la déclaration au début de 2025.
La portée juridique
Le fonctionnaire est inculpé en vertu de la partie 1 de l'article 366² du Code pénal ukrainien — l'introduction délibérée par le sujet déclarant d'informations manifestement inexactes dans la déclaration. La sanction de cet article prévoit à la fois une responsabilité pénale et la possible privation du droit d'occuper certaines fonctions ou d'exercer certaines activités.
« La sanction de l'article prévoit une peine de restriction de liberté pouvant aller jusqu'à deux ans, avec privation du droit d'occuper certaines fonctions ou d'exercer certaines activités pour une durée pouvant aller jusqu'à trois ans »
— GUNP à Kyiv
Pourquoi c'est important
En temps de guerre, la transparence dans l'utilisation des ressources est un élément de la sécurité nationale. Même si l'affaire concerne des revenus provenant d'une entreprise étrangère dans la sphère privée, des actifs dissimulés sapent la confiance envers les autorités et créent des risques de schémas de corruption susceptibles de détourner des ressources de la défense et de la reconstruction.
Les analystes et les représentants du milieu anticorruption attirent l'attention sur deux points clés : d'une part, la rapidité et la transparence avec lesquelles l'enquête se transformera en procédure judiciaire ; d'autre part, si l'affaire connaîtra une issue juste, indépendamment de la fonction du mis en cause.
Contexte de la pratique judiciaire
Parallèlement, le système judiciaire continue de rendre des décisions à retentissement : la chambre d'appel de la Haute cour anticorruption a réduit la peine du député national Anatoliy Hunko, reconnu coupable d'extorsion et de réception de pots-de-vin — de sept à quatre ans. Ce cas rappelle que le quantum des peines est souvent révisé en appel, et que cela influe sur la perception publique de l'égalité devant la loi.
Et ensuite ?
Il revient désormais au tribunal : l'enquête doit être étayée devant la cour, et la décision doit être ouverte au public. Pour le lecteur, cela signifie suivre non seulement l'annonce des soupçons, mais aussi la base de preuves et l'argumentation des parties. Les experts en lutte contre la corruption soulignent : les affaires jurisprudentielles établissent des normes pour l'ensemble de la fonction publique — et de leur issue dépendra la protection de la confiance dans les institutions d'État en cette période critique pour le pays.