En bref
Volodymyr Zelensky a déclaré dans une interview à Axios que le peuple ukrainien rejetterait un accord de paix qui impliquerait un retrait unilatéral de Kyiv du Donbass et sa remise à la Russie. Cette prise de position est intervenue dans le contexte de contacts tripartites à Genève impliquant des représentants de l'Ukraine, de la Russie et des États-Unis.
Ce qui se passe à Genève
Selon le président, lors des consultations on lui a présenté les positions des médiateurs américains — Steve Witkoff et Jared Kushner — qui affirmaient que la Russie serait apparemment intéressée par la fin de la guerre et conseillaient de coordonner les démarches avec la délégation. Parallèlement, la proposition américaine discutée à Genève prévoyait le retrait des forces ukrainiennes d'une partie du Donbass et la création d'une zone démilitarisée «zone économique libre».
"Le peuple ukrainien rejettera tout accord de paix qui impliquerait le retrait unilatéral de Kyiv du Donbass et sa remise à la Russie."
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine (interview Axios)
Principaux points de divergence
La position de Kyiv est simple et de principe : discuter d'un retrait des troupes ne peut se faire que sous réserve de garanties réciproques — d'abord et avant tout le retrait symétrique des forces russes. Kyiv rejette l'idée que la zone puisse automatiquement servir de motif pour reconnaître la souveraineté russe sur le territoire ; Washington, dans les échanges rapportés, n'a pas exprimé de position claire sur la question de la souveraineté.
"Je suis prêt à discuter du retrait de nos troupes, mais Moscou doit retirer ses forces à la même distance — et aucune prétention de souveraineté sur cette zone."
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine (interview Axios)
Pourquoi c'est important pour les Ukrainiens
Premièrement, il s'agit de la souveraineté et de l'intégrité territoriale — des questions fondamentales de sécurité. Deuxièmement, toute décision unilatérale pourrait créer un précédent pour de nouvelles concessions territoriales sous la contrainte. Troisièmement, la légitimité interne — la société ukrainienne doit accepter les décisions de paix, et le président fait directement appel à cette confiance.
Les analystes de centres internationaux attirent l'attention : des négociations sur des régimes démilitarisés sans réponse claire à la question de la souveraineté risquent de figer le conflit dans des conditions inacceptables pour l'Ukraine et de créer des risques à long terme sans garanties de sécurité.
Et maintenant ?
Le président estime qu'une percée sur la question des territoires n'est possible qu'après une rencontre en tête-à-tête entre dirigeants — notamment entre lui et Vladimir Poutine — et a chargé la délégation d'aborder cette question à Genève. La question est désormais la suivante : les partenaires internationaux accepteront-ils de mettre en place des mécanismes de contrôle et des garanties qui rendraient toute mesure sûre pour l'Ukraine ?
Cette position définit le cadre des négociations à venir : sans garanties claires et sans réciprocité, aucun compromis territorial n'obtiendra le soutien à l'intérieur du pays. Tandis que les diplomates travaillent en coulisses, ce qui est en jeu pour chaque Ukrainien n'est pas seulement la paix au sens large, mais des garanties de sécurité concrètes et le statut juridique des territoires.
"Ne me demandez pas de vendre une vision de la paix que mon peuple percevrait comme une 'histoire ratée'."
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine (interview Axios)
Question pour les partenaires : les États-Unis et les autres alliés sont-ils prêts à transformer les signaux diplomatiques en garanties concrètes qui rendraient tout changement sûr pour l'Ukraine et acceptable pour ses citoyens ?