Geraskevich et «le casque du souvenir» : le CIO disqualifie l'athlète — il saisit le TAS

La disqualification pour un casque symbolique transforme une affaire sportive en précédent juridique — c'est une question d'honneur, de liberté d'expression et de la norme qui définit le sport international. Nous examinons ce qui s'est passé et pourquoi cela compte pour l'Ukraine.

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Ce qui s'est passé

Le skelétiste ukrainien Vladyslav Heraskevych a été disqualifié par le CIO avant sa première descente aux Jeux olympiques 2026 de Milan‑Cortina. La raison officielle — une collision liée à son intention de prendre le départ avec un « casque commémoratif », qui, selon les organisateurs, pouvait être qualifié de message politique ou à connotation sociale, interdit par le règlement de la compétition.

Déclaration de l'athlète

« Chers Ukrainiens, je vous remercie beaucoup pour votre soutien. Ensemble nous sommes plus forts. En traversant ce moment, je veux vous remercier et citer une personne remarquable, Pavlo Petrychenko : „Tous les beaux gardent l'optimisme“. Tout sera l'Ukraine ! Nous vaincrons ! Combattez — vous vaincrez, Dieu vous aide ! »

— Vladyslav Heraskevych, athlète de skeleton

Position du CIO et contexte juridique

Le CIO se réfère aux normes limitant les expressions politiques pendant les Jeux olympiques (généralement connue sous le nom de Rule 50). Dans la pratique du sport international, ces règles sont appliquées pour préserver l'arène de compétition des slogans politiques directs — mais ces décisions suscitent souvent une forte résonance publique lorsqu'il s'agit d'honorer les morts ou de la mémoire nationale.

Pourquoi faire appel au TAS

Heraskevych a déjà annoncé qu'il porterait l'affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Il s'agit d'une procédure standard qui transfère la discussion du registre émotionnel au registre juridique : le TAS évaluera non seulement les critères techniques d'application des règles, mais aussi la proportionnalité et la motivation de la sanction. Pour le sport ukrainien, l'issue de cette affaire pourrait déterminer les limites dans lesquelles les athlètes peuvent publiquement rendre hommage aux disparus.

Ce que cela signifie pour l'Ukraine

La situation dépasse le cas d'un seul athlète : c'est une question de symbolique, de normes internationales et du droit à la mémoire. Pour le soutien public et le moral, il est important que l'athlète se soit adressé lui‑même aux Ukrainiens et que l'affaire soit portée en arbitrage — cela offre la possibilité d'obtenir une décision motivée qui pourrait servir de référence pour d'autres sportifs.

Source : communiqué de l'UNN concernant la déclaration d'Heraskevych ; règles officielles du CIO et pratique du TAS comme contexte pour les appels.

Bref pronostic

L'appel devant le TAS peut durer plusieurs semaines ou plusieurs mois. Pour l'heure, il est important de rester factuel : l'athlète a droit à une défense juridique, et l'attention publique pousse les institutions internationales à motiver plus soigneusement leurs décisions. La question de savoir si cela constituera un précédent dépendra des arguments des parties et de l'interprétation des règles par le tribunal arbitral.

La question qui demeure : le sport international pourra‑t‑il trouver un équilibre entre la neutralité de l'arène et le droit d'honorer la mémoire humaine — et qu'est‑ce que cela signifiera pour les athlètes ukrainiens à l'avenir ?

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