Ce qui a changé
Pendant plusieurs mois, le parlement britannique a connu des débats intenses autour des amendements NC1 et NC2, qui proposaient d'introduire le soi-disant « modèle scandinave » — criminalisant les acheteurs de services sexuels tout en préservant le statut légal des prestataires. L'initiative provenait des députées Tonia Antoniazzi, Carolyn Harris et Jess Asato. Les amendements ont été rejetés suite à une vague massive de critiques de la part des organisations de défense des droits de l'homme, des travailleurs du sexe indépendants et des ONG spécialisées.
Parallèlement, la loi modifie bel et bien la réglementation connexe : la pornographie impliquant l'asphyxie, les images d'inceste et les contenus représentant des adultes comme des enfants sont criminalisés. La peine maximale est de cinq ans d'emprisonnement. Séparément, les exigences relatives à la surveillance numérique des délinquants sexuels sont renforcées.
Réaction du secteur
Les analystes de TrystHub — une plateforme qui suit les changements réglementaires dans l'industrie des escortes en Grande-Bretagne et en Europe — notent que le rejet du modèle scandinave constitue un précédent important : « Le débat législatif en Grande-Bretagne a clairement montré que les approches qui poussent le marché sous terre ne sont plus perçues comme une solution — ni par les défenseurs des droits de l'homme, ni par la police ».
« Les preuves de la France, de l'Irlande du Nord et de la Suède montrent que la criminalisation des clients force les travailleurs du sexe à renoncer à la vérification des clients et augmente le risque de violence »
— Extrait des témoignages écrits présentés à la Commission de la Chambre des communes, avril 2025
Et ensuite
La loi entrera en vigueur progressivement — certaines dispositions sont déjà applicables, d'autres nécessitent des décrets d'application. Le débat sur le modèle scandinave n'est pas clos : les partisans affirment qu'ils reviendront avec de nouvelles initiatives législatives. Les défenseurs des droits des travailleurs du sexe, pour leur part, insistent sur la seule vraie solution — la décriminalisation complète, soutenue par Amnesty International et l'OMS.
Selon les représentants du secteur, le précédent britannique est étudié attentivement en Allemagne et au Canada, où les discussions sur la révision des modèles réglementaires se poursuivent depuis plusieurs années.