Honda : le bénéfice a chuté de 61 % en raison des droits de douane américains et de l'échec du marché des voitures électriques — une leçon pour les constructeurs ukrainiens

L'argent aime le silence, mais ces chiffres valent la peine d'être connus : la chute de Honda montre comment la politique douanière et la demande en berne sapent instantanément la rentabilité des grands constructeurs automobiles — et pourquoi cela a des conséquences pour les entreprises ukrainiennes.

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Фото: EPA / RUNGROJ YONGRIT

Causes de la chute

Reuters rapporte que le résultat opérationnel de Honda Motor au troisième trimestre de l'exercice (octobre–décembre 2025) s'est élevé à 153,4 milliards de yens — soit 61,4 % de moins en glissement annuel. La société attribue cela à deux facteurs clés : la disparition des incitations et le ralentissement abrupt de la demande de véhicules électriques en Amérique du Nord (ce qui a réduit les bénéfices d'environ 270 milliards de yens sur neuf mois) et l'impact des droits de douane américains, qui ont encore réduit les résultats d'environ 280 milliards de yens.

Le rôle de l'Amérique du Nord

Les États-Unis demeurent un marché crucial pour Honda — plus de deux cinquièmes de ses ventes mondiales sur cette période proviennent d'Amérique du Nord. Lorsque le plus grand marché change les règles (incitations, tarifs), cela se répercute instantanément sur les chaînes d'approvisionnement et la rentabilité des constructeurs.

Équilibre des activités et image de marque

Parallèlement aux difficultés dans le segment des voitures électriques, l'activité motocyclettes de Honda affiche une croissance soutenue — les ventes les plus importantes étant enregistrées en Inde et au Brésil — ce qui contribue à atténuer les pertes globales. La société a maintenu ses prévisions annuelles de résultat opérationnel à 550 milliards de yens et a annoncé un changement de logo : le nouveau signe apparaîtra sur les voitures électriques et les hybrides de nouvelle génération à partir de 2027.

« La mission actuelle de l'entreprise est de créer une structure opérationnelle économe, capable de réagir avec souplesse aux changements de l'environnement commercial. »

— Noriya Kaihara, vice-présidente exécutive de Honda

Effet systémique pour l'industrie japonaise

Les analystes attirent l'attention : le bénéfice cumulé des sept plus grands constructeurs automobiles japonais (Toyota, Honda, Nissan, Mazda, Mitsubishi, Subaru et Suzuki) a diminué d'environ 1,5 billion de yens en raison des droits de douane américains. Ce n'est pas un incident isolé — c'est un signal de la vulnérabilité d'un écosystème dépendant de la politique de ses principaux acheteurs.

Qu'est-ce que cela signifie pour l'Ukraine

Pour les fabricants ukrainiens de pièces automobiles et les exportateurs, cette baisse est un rappel de deux vérités simples : la dépendance à un seul grand marché et aux incitations extérieures augmente les risques ; la diversification des marchés, une logistique flexible et l'amélioration de la compétitivité du produit sont la clé de la résilience. Les institutions et les investisseurs doivent voir non seulement les risques, mais aussi les opportunités — occuper des niches dans les chaînes d'approvisionnement mondiales qui deviennent moins prévisibles.

Conclusion

La baisse des bénéfices de Honda résulte d'un double coup porté à la demande de voitures électriques et à la pression tarifaire. C'est une leçon pour toute l'industrie : les profits peuvent rapidement se transformer en pertes si l'on ne met pas en place une stratégie flexible. La capacité des entreprises ukrainiennes à saisir cette opportunité dépendra du rythme de leur diversification et de la qualité de leur management.

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