En bref
Le groupe Naftogaz a signé lundi 16 février un accord de subvention avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) d'un montant de 85 millions d'euros. La subvention est accordée par le gouvernement de la Norvège à la suite des accords entre le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. Les fonds sont destinés à l'achat de volumes supplémentaires de gaz importé afin de compenser partiellement les pertes de production nationale causées par les attaques russes contre les infrastructures énergétiques.
« L'accord signé permettra d'acheter des volumes supplémentaires de gaz importé pour compenser partiellement les pertes de production nationale »,
— Serhiy Koretskyi, président du conseil d'administration de la NAK Naftogaz d'Ukraine
Pourquoi maintenant
Cette décision n'est pas un geste isolé de solidarité, mais un élément de la planification opérationnelle de la sécurité énergétique. Après les attaques massives contre les infrastructures d'extraction de gaz en Ukraine, la production nationale a diminué, et le remplacement du déficit par des importations est devenu une tâche cruciale pour assurer un approvisionnement ininterrompu et stabiliser le marché avant la saison de chauffage.
Contexte financier : qui aide déjà
Depuis l'été 2025, Naftogaz a mobilisé des centaines de millions d'euros auprès d'institutions financières internationales et de banques. Parmi ses créanciers figurent la BERD, la Banque européenne d'investissement, ainsi que plusieurs banques ukrainiennes (PrivatBank, Oschadbank, Ukreximbank). Cette subvention de la Norvège complète le pool de financement existant et réduit la pression sur les réserves publiques.
- 2025 : l'Ukraine a dû importer près de 6 milliards de mètres cubes de gaz.
- En mars 2026, le premier approvisionnement en gaz en provenance de Grèce est attendu, offrant une alternative supplémentaire aux routes russes.
Ce que cela signifie pour les consommateurs et le marché
Il ne faut pas s'attendre à une baisse immédiate des factures domestiques : l'impact de la subvention sur le marché sera progressif et dépendra des conditions des contrats, de la logistique et du taux de change de l'euro. En revanche, cela représente un effet positif direct pour soutenir les stocks et réduire le risque de coupures d'urgence — notamment en cas de périodes froides ou d'attaques supplémentaires contre l'infrastructure.
Risques et prochaines étapes
La subvention résout une partie des problèmes, mais pas tous : il faut des contrats clairs avec les fournisseurs, une logistique efficace pour le stockage et le transport, ainsi que des mécanismes transparents de contrôle de l'utilisation des fonds. Les analystes soulignent que l'aide internationale est un marqueur de confiance, mais elle doit être suivie de livraisons effectives et de contrats réalisés.
En résumé
85 millions d'euros de la Norvège via la BERD constituent une mesure concrète pour renforcer la résilience énergétique de l'Ukraine. L'étape suivante importante est de transformer les déclarations et les accords de subvention en approvisionnements réels et en maintien des stocks. Il revient désormais au suivi et au contrôle : ces fonds deviendront-ils vraiment un tampon de sécurité pour cet hiver ?