De quoi il s'agit
Le 10 février, le tribunal de commerce de Kyiv a ouvert une procédure à la suite d’une action engagée par le bureau du procureur de la ville de Kyiv visant à résilier le contrat et à restituer à la ville 4 ha de terrain aux Osokorky (numéro cadastral 8000000000:90:141:0006) — dans la zone de l’anse de Berkivshchyna sur la rive du Dnipro, à côté de la résidence RiverStone. La plainte a été déposée après que le parquet a relevé une série d’infractions dans l’utilisation de la parcelle.
«L’entreprise [“Орєст”] a obtenu ce terrain en location en 2004, mais n’a jamais entrepris la création d’une zone de loisirs. Parallèlement, en 2023, le locataire a tenté de modifier l’affectation du terrain afin d’y construire un immeuble résidentiel collectif avec des installations commerciales et de loisirs. De plus, l’entreprise n’a pas systématiquement payé les redevances locatives, privant ainsi le budget municipal de recettes»
— Service de presse du bureau du procureur de la ville de Kyiv
Histoire du litige
Il s’agit déjà de la troisième tentative du parquet de récupérer la parcelle. En 2013, le tribunal avait rejeté la demande, estimant que le défendeur aurait pris des mesures pour préparer la construction. De la même manière — en 2021–2022 — les tribunaux à tous les degrés ont rejeté les actions du parquet, en relevant l’existence de contrats de conception, de conditions techniques et de documents d’urbanisme.
Qui est présenté comme impliqué et ce qui a changé
Les données des registres publics (YouControl) indiquent que le propriétaire de PП «Орєст» est la société TOV «Осокорки-7», et que les bénéficiaires effectifs sont le citoyen hongrois Олександр Кісель et le citoyen ukrainien Олександр Константіновський (frère de l’ancien député народного В’ячеслав Константіновський). En 2024, les droits corporatifs de PП «Орєст» ont été transférés à l’Agence pour la recherche et la gestion des actifs (АРМА), ce qui change l’orientation juridique de l’affaire : il ne s’agit plus seulement d’un litige civil, mais il existe également des signes d’infractions pénales, notamment une éviction systématique au paiement des loyers.
Pourquoi c’est important pour la communauté
Cette affaire porte sur l’accès à la rive et sur la manière dont la ville protège ses ressources. Si la parcelle est récupérée, elle pourra être affectée à des projets municipaux ou à une privatisation transparente dans des conditions concurrentielles garantissant des recettes pour le budget. Dans le cas contraire, il existe un risque de nouvelle perte de zone riveraine au profit de la construction, ainsi que la création d’un précédent qui compliquera la restitution d’actifs liés à l’évasion de paiements.
Contexte et précédents
Des affaires similaires montrent que le transfert des droits corporatifs à ARMA et l’existence de motifs pénaux modifient les chances de succès devant les tribunaux. En septembre 2025, le parquet a, par voie judiciaire, résilié le contrat de location de deux parcelles voisines d’un total de 40 ha contrôlées par une société liée à Viktor Medvedchuk — signalant que les instruments de restitution des actifs fonctionnent, mais la décision judiciaire dépendra de la base probatoire et de la position des autorités d’enquête.
Et après — bref pronostic
La décision du tribunal sera un test révélateur : le parquet et ARMA disposeront-ils de preuves suffisantes pour surmonter les décisions antérieures qui avaient protégé les intérêts du locataire ? Si oui — la ville pourrait récupérer 4 ha de berges et avoir la possibilité de les aménager pour l’usage public. Si non — le projet privé risque d’être définitivement préservé et le budget de rester sans compensation.
Du point de vue de la pratique : le changement de qualification juridique en matière pénale et le transfert des droits à ARMA augmentent les chances de succès de l’action. Mais le résultat final dépendra de l’appréciation judiciaire des actes effectifs du locataire entre 2004 et 2024 et des preuves d’évasion des paiements.
Sources : service de presse du bureau du procureur de la ville de Kyiv, registre judiciaire, YouControl, informations d’ARMA.