Un fermier au Brésil découvre du pétrole et se retrouve endetté : comment la loi brésilienne en a fait la victime de sa propre découverte

Un homme de 63 ans, Sidroniu Moreira, a foré un puits à la recherche d'eau et a découvert du pétrole brut — et paie toujours un emprunt de 25 000 réais, car selon la loi brésilienne, les ressources souterraines appartiennent à l'État et non au propriétaire terrien.

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Фото: CNN Brasil

En novembre 2024, l'agriculteur Sidroniu Moreira a engagé une équipe de foreurs sur sa parcelle dans la municipalité de Tabuleiru-du-Nord, au nord-est du Brésil. L'objectif était simple : un puits artésien pour irriguer le jardin potager et abreuver le bétail. Mais au lieu d'eau, c'est un liquide noir et épais dégageant une odeur d'asphalte frais qui a jailli du sol.

Une confirmation sans délai ni argent

Le 19 mai 2025, l'Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants du Brésil (ANP) a officiellement confirmé : le liquide est du pétrole brut. Les résultats des analyses physicochimiques ont été remis à la famille le lendemain, et transmis également au Secrétariat de l'environnement de l'État du Ceará (SEMACE) pour une évaluation des conséquences environnementales.

Cependant, l'ANP a immédiatement averti : aucun délai n'a été établi pour l'évaluation technique ultérieure — et même après sa conclusion, l'exploitation industrielle du gisement n'est pas garantie.

« Ni eau, ni argent — il ne reste que la dette ».

Sidroniu Moreira, agriculteur, Tabuleiru-du-Nord

Pourquoi cette découverte coûte plus au fermier qu'elle ne lui rapporte

Pour forer le puits, Moreira a contracté un crédit bancaire de 15 000 réals brésiliens. Son épouse Maria Lucièna a simultanément emprunté 10 000 réals supplémentaires pour rénover le troupeau. La dette totale de la famille s'élève à 25 000 réals, avec des pertes mensuelles dépassant 2 000 réals. La ferme de 49 hectares est bloquée : il est interdit de forer davantage ou de gérer la découverte de manière indépendante.

Où le système s'est cassé : la constitution contre le propriétaire foncier

La Constitution brésilienne (article 20, paragraphe IX) classe les ressources minérales souterraines comme propriété de l'État — l'Union. Cela signifie : le pétrole situé sous la parcelle de Moreira n'a jamais été légalement le sien.

Cependant, la loi prévoit une compensation. Selon l'article 176 § 2 de la Constitution et les réglementations de l'ANP, la compagnie concessionnaire qui obtiendra une licence d'exploitation est tenue de verser au propriétaire foncier entre 0,5 % et 1 % du volume de production. Mais cette disposition n'est activée que si :

  • l'ANP termine l'évaluation technique et reconnaît le gisement comme commercialement viable ;
  • une enchère se tient pour les droits d'exploitation du bloc ;
  • la compagnie gagnante commence une exploitation réelle.

Chacune de ces étapes peut durer des années. À aucune d'entre elles l'agriculteur ne peut influencer la décision — et il ne reçoit aucune avance.

Ce n'est pas une exception — c'est l'architecture du système

Le cas de Moreira révèle un problème structurel : la législation brésilienne sur les ressources souterraines a été construite pour les grands gisements offshore comme la couche « pré-sel », où entre la découverte et l'exploitation se situent des investissements de plusieurs milliards et des années de préparation. Pour un petit propriétaire foncier qui se trouve par hasard avec une découverte onshore, il n'existe tout simplement aucun mécanisme de compensation rapide ou garantie.

Les familles qui se trouvent dans une telle situation financent effectivement l'exploration à leurs propres frais — par crédit, arrêt de l'exploitation agricole, récolte différée — tandis que l'État décide s'il vaut la peine de poursuivre.

Si l'ANP reconnaît le gisement comme non viable, Moreira restera avec sa dette, son puits contaminé et aucune compensation. Si elle le reconnaît comme prometteur, l'enchère, le concessionnaire et l'exploitation réelle pourraient commencer dans cinq ans, dix ans ou plus. La question n'est pas de savoir s'il y a du pétrole — c'est déjà confirmé. La question est de savoir si la ferme de Moreira survivra jusqu'au moment où le système décidera finalement quoi en faire.

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