Le 14 juillet coïncide avec plusieurs dates importantes : la France célèbre la Fête nationale, le monde marque la Journée de sensibilisation aux requins et la Journée internationale des personnes non-binaires, tandis que l'Église orthodoxe ukrainienne selon le nouveau calendrier honore l'apôtre Aquila. Mais c'est précisément le requin qui, cette année, offre la raison la plus pertinente de s'interroger sur le réel et l'imaginaire.
Le prédateur dont on a peur pour les mauvaises raisons
Chaque année, l'être humain tue environ 100 millions de requins — pour ses ailerons, sa viande, son huile et comme prise accessoire de la pêche industrielle. Environ 73 millions de ces morts sont liés exclusivement au commerce des ailerons. En revanche, le nombre d'attaques non provoquées de requins contre l'homme dans le monde reste minuscule — quelques dizaines par an.
L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe plus de 300 espèces de requins et de raies comme vulnérables, menacées d'extinction ou en danger critique d'extinction. Les requins existent dans les océans depuis des centaines de millions d'années — ils sont plus anciens que les dinosaures et les arbres. En tant que prédateurs au sommet, ils régulent le nombre de poissons et maintiennent l'équilibre des écosystèmes marins. Leur disparition entraînerait l'effondrement en cascade de toute la chaîne alimentaire.
« Les requins sont beaucoup plus menacés par l'activité humaine que les humains ne le sont par les requins ».
— Shark Awareness Day, initiative de sensibilisation internationale
Le paradoxe réside dans le fait que la peur du requin est l'un des réflexes culturels les plus puissants, façonné par le cinéma depuis « Les Dents de la mer » en 1975. Or, cette peur même permet à l'industrie halieutique de les tuer depuis des décennies sans soulever d'indignation publique.
La Bastille : une fête qui a commencé dans le sang
Le 14 juillet 1789, une foule a pris d'assaut la forteresse-prison de la Bastille à Paris — et n'a libéré que sept prisonniers. Cependant, le poids symbolique de l'événement s'est avéré infiniment plus important que le résultat pratique : cela a marqué le point de départ de la Révolution française et la fin de l'Ancien Régime.
La France célèbre officiellement cette date depuis 1880. Chaque année, les Champs-Élysées accueillent le plus ancien et le plus grand défilé militaire d'Europe. En 2025, les célébrations se déroulent à Paris et dans tout le pays.
Journée des personnes non-binaires : une semaine, pas un jour
La Journée internationale des personnes non-binaires est célébrée le 14 juillet chaque année, mais en 2025, elle s'est élargie : la Semaine de sensibilisation aux personnes non-binaires s'étend du 14 au 20 juillet. La date a été choisie symboliquement — exactement entre la Journée internationale des hommes (19 novembre) et la Journée internationale des femmes (8 mars).
L'apôtre Aquila en Ukraine
Selon le nouveau calendrier ecclésiastique, auquel l'Église orthodoxe ukrainienne est passée après l'abandon du style julien, le 14 juillet est le jour de l'apôtre Aquila, disciple et compagnon de l'apôtre Paul, mentionné dans les épîtres aux Romains et aux Corinthiens.
Si le nombre d'espèces de requins menacées d'extinction continue d'augmenter au rythme actuel — un seul jour par an suffira-t-il à changer ce qui a été construit pendant des décennies de lobbying industriel ?