Lorsque le représentant de l'ombudsman Андрій Крючков est venu au TЦК du district d'Oujhorod pour une visite de monitoring, des responsables ont tenté d'entraver l'inspection. Ce qui a pu être constaté malgré la résistance, Дмитро Лубінець a qualifié de «violations flagrantes» — et a annoncé le dépôt d'une plainte pénale.
Ce qui a été constaté
Des personnes ont été retenues dans les locaux du ТЦК pendant des semaines : il est confirmé des détentions d'une durée de 21, 24, 30 et 50 jours — sans aucune décision judiciaire. Selon Лубінець, toute privation de liberté sans décision de justice est en contradiction directe avec la Constitution de l'Ukraine et l'article 5 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Sur l'une des photos — un vétéran muni d'une carte d'ancien combattant, ce qui ne l'a pas empêché d'être détenu. Sur une autre — un homme présentant un handicap physique que, selon l'ombudsman, «il est impossible de ne pas remarquer».
«Ce n'est qu'après l'intervention de mon Représentant qu'une ambulance a été appelée pour un homme dont la tension était de 190 sur 100, qui demandait de l'aide depuis plusieurs jours. Il a été hospitalisé en raison d'une menace pour sa vie».
Дмитро Лубінець, омбудсман України
Conditions de vie : pour 40–60 personnes — 3 tasses et 8 assiettes en métal, les gens mangeaient à tour de rôle dans de la vaisselle non lavée ; une douche et des toilettes pour plusieurs dizaines de personnes. Aux personnes détenues sans enregistrement, on confisquait documents et téléphones — les privant de toute possibilité de contacter leur famille ou un avocat.
Cadre juridique : ce que cela signifie sur le plan juridique
À la suite de la visite, le bureau de l'ombudsman a déposé une déclaration de crimes en vertu des articles 146 (privation illégale de liberté), 127 (torture), 344 (entrave à l'activité d'un agent de l'État) et 426-1 (abus de pouvoir par un militaire) du Code pénal ukrainien. Ce n'est pas une simple plainte — c'est un motif formel pour l'inscription au ЄРДР et le lancement d'une enquête préliminaire.
Selon le Bureau de l'ombudsman, de janvier à octobre 2025 près de 5 000 plaintes concernant les actions des ТЦК ont été enregistrées — contre 3 400 pour l'ensemble de 2024. Oujhorod n'est pas une exception, mais un exemple documenté de la tendance.
Pourquoi l'ombudsman en parle ouvertement
Лубінець a répondu directement à l'argument selon lequel il «ferait le jeu de la propagande» :
«En réalité, c'est le désordre qui joue en faveur de l'ennemi, car les mécanismes juridiques de protection ne fonctionnent pas, et la situation ne fait que s'aggraver chaque jour».
Дмитро Лубінець
Dans le même temps, l'ombudsman a distingué les positions : il a condamné à la fois les agissements des ТЦК et les attaques contre leurs employés — reconnaissant que la mobilisation est nécessaire, mais que «tout doit se dérouler exclusivement dans le cadre du droit».
Il est révélateur que certaines unités du même ТЦК d'Oujhorod — notamment le service militaire de l'ordre — aient reçu une appréciation positive pour leur coopération lors de l'inspection. Autrement dit, le problème n'est pas institutionnel dans son ensemble, mais lié à des responsables précis qui font désormais l'objet d'une procédure pénale.
Si les forces de l'ordre inscrivent les éléments au ЄРДР et que l'affaire donne lieu à des mises en examen, ce sera le premier précédent publiquement documenté de responsabilité pénale pour la direction des ТЦК. La question est de savoir si le parquet ouvrira une procédure avant que certains responsables ne réussissent à changer d'affectation.