Du 24 février 2022 à avril 2026, plus de 600 attaques contre des militaires des centres territoriaux de recrutement et d'assistance sociale ont été enregistrées en Ukraine. La région de Kharkiv occupe la première place dans cette liste : 59 cas documentés du début de 2025 au 9 avril 2026, a rapporté le centre régional de recrutement et d'assistance sociale en réponse à une demande d'information de LIGA.net.
La courbe monte
La dynamique des statistiques nationales de la police nationale enregistre un virage brutal : en 2022 — 5 incidents, en 2023 — 38, en 2024 — 118. En 2025 — déjà 341 cas, soit deux fois plus que pendant les trois premières années de l'invasion à grande échelle réunies. Depuis le début de 2026 — plus d'une centaine seulement au cours des premiers mois.
Parmi les chefs de file nationaux après la région de Kharkiv — Kyiv (53 cas) et la région de Dnipropetrovsk (44-45). Les régions de Volyn, Lviv, Odessa et Tchernihiv — dans la deuxième vague.
Qu'y a-t-il derrière ces chiffres
La catégorie « attaques » couvre un large éventail : résistance et entrave, coups et blessures de gravité variable, voyouterisme, menaces, dommages matériels — jusqu'aux tentatives de meurtre et aux meurtres. Les blessures par arme blanche ne sont pas une exception.
« Depuis le début de l'invasion à grande échelle… au 12 avril 2026, 620 attaques ont été enregistrées »
Centre régional de Kyiv pour le recrutement et l'assistance sociale, citant les données de la police nationale
Le bureau du médiateur Dmytro Lubents cite un chiffre légèrement différent — 575 cas et quatre meurtres ; la police nationale en confirme trois. La divergence dans la méthodologie de comptage n'a toujours pas été expliquée publiquement.
Trois morts et une condamnation à 1 700 hryvnia
Trois militaires du centre de recrutement ont été tués dans des attaques : deux en 2025, un en 2026. Au cours de la dernière semaine d'avril 2026, trois attaques aux graves conséquences ont été enregistrées : à Lviv, un militaire du centre de recrutement de 52 ans a été tué par une blessure par arme blanche, à Vinnytsia, un agresseur armé d'un couteau a blessé deux militaires, l'un d'eux a été admis en réanimation.
Dans ce contexte, la réponse judiciaire semble asymétrique : le tribunal régional du district industriel de Dnipro a infligé à l'un des agresseurs une amende de 1 700 hryvnia.
Contexte systémique
Le centre de lutte contre la désinformation rapporte à « La Vérité ukrainienne » que ces derniers mois, la Russie a intensifié ses actions dans l'espace informatif ukrainien, visant à saper la mobilisation — et les attaques contre les centres de recrutement reçoivent un soutien et une diffusion dans les canaux Telegram pro-russes.
Parallèlement, le bureau du médiateur enregistre plus de 550 procédures pénales contre les militaires eux-mêmes du centre de recrutement — pour violation des droits des citoyens lors de la conscription. Le médiateur note que certaines actions des employés du centre de recrutement dépassent leurs pouvoirs légaux — et cela crée un terrain fertile pour l'agression de la part des civils.
« Les situations qui suscitent de graves préoccupations sont celles où les militaires du centre de recrutement procèdent effectivement à l'arrestation de citoyens, bien que la loi ne leur confère pas expressément de tels pouvoirs »
Médiateur Dmytro Lubents, citation selon « La Vérité ukrainienne »
La Rada suprême en mars 2025 a soutenu en première lecture un projet de loi prévoyant la responsabilité pénale des dirigeants des centres de recrutement et des commissions militaires pour violation de la législation sur la mobilisation. Il n'a jamais atteint la deuxième lecture.
Si la responsabilité pénale pour les attaques contre les militaires reste symbolique — comme une amende de 1 700 hryvnia — et que le projet de loi sur la responsabilité des centres de recrutement eux-mêmes reste bloqué au stade de la première lecture, la croissance des statistiques en 2026 se poursuivra : les deux côtés du conflit recevront le signal que les règles ne s'appliquent pas.