70 jours en missions à l'étranger : comment les déplacements du chef du service de surveillance financière sapent la confiance dans le contrôle des deniers publics

Une enquête de Bihus.Info montre : Filip Pronin a passé à l'étranger plus de temps que ne duraient les activités officielles. Ce n'est pas une simple statistique — les questions de confiance et d'efficacité du contrôle des dépenses de défense deviennent critiques.

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Dans un grand champ — des détails qui pèsent

L'enquête de Bihus.Info a établi que, durant la première année à la tête du Service d'État de surveillance financière (DSFM), Filip Pronin a passé en missions à l'étranger environ 70 jours. Les déplacements ont été enregistrés vers la Tanzanie, le Mexique, la France (déplacements à Paris et Strasbourg), le Luxembourg et la Suisse — parfois nettement plus longtemps que ne durait l'événement officiel pour lequel, d'après les documents, ils se rendaient sur place.

Ce que les journalistes ont trouvé

Faits clés de l'enquête :

  • Certaines missions coïncidaient dans le temps avec des réunions de commissions d'enquête parlementaires temporaires (TSC), où Pronin devait fournir des explications, notamment sur des affaires liées au financement de travaux de défense.
  • Aux auditions de la TSC sur «Міндічгейт» à la fin janvier, le responsable du DSFM était en arrêt maladie, mais le lendemain il se trouvait en Tanzanie à une réunion du groupe Egmont ; dans les documents le déplacement est indiqué comme professionnel, alors que les réunions duraient quatre jours et que Pronin est resté 11 jours.
  • En février 2025, Pronin a rendu publics des éléments sur les activités commerciales du cinquième président, qui ont servi de motif à des sanctions, puis il s'est rendu à Paris — une activité accrue à l'étranger dans un contexte de pression politique sur l'administration.
  • Au cours de l'année, plusieurs affaires retentissantes ont touché le DSFM : perquisitions au sein de la direction du service, ainsi qu'une enquête du NABU sur d'éventuels abus dans la construction de fortifications (il est question de 372 millions de hryvnias, dont au moins 200 millions pourraient avoir été détournés selon un député).
  • En novembre, le NABU a mené l'opération «Midas». Dans cette affaire, le Finmonitoring aurait dû fournir des données transactionnelles cruciales, mais, selon le chef du NABU, pour certaines demandes les forces de l'ordre ont attendu «anormalement longtemps».

"L'enquête de Bihus.Info indique : au cours de l'année à son poste, Pronin a passé 70 jours en missions à l'étranger"

— Bihus.Info (enquête)

Pourquoi c'est important pour le citoyen et pour la défense

Le Finmonitoring est l'organisme qui a accès aux données sur les transactions, aux chaînes de détournement de fonds et aux schémas à risque. Quand son responsable se trouve fréquemment à l'étranger, plus longtemps que ne durent les événements internationaux, cela crée plusieurs risques :

  • Perte de temps dans la coordination des enquêtes : les enquêteurs et les organes anti-corruption attendent des informations du DSFM à des moments critiques.
  • Perte de confiance — un organisme d'État chargé de contrôler les flux financiers doit agir de manière transparente et réactive ; des déplacements suspects sapent cette confiance.
  • Risque de sabotage ou de lacunes informationnelles dans les enquêtes, surtout lorsqu'il s'agit de millions de hryvnias alloués à des travaux de défense.

"Pour certaines demandes, les forces de l'ordre ont attendu anormalement longtemps"

— Semen Kryvonos, chef du NABU (selon des médias)

Ce que disent les institutions et quelles pourraient être les conséquences

Le Cabinet des ministres a nommé Pronin le 31 décembre 2024. Dans le même temps, le NABU enquête sur des affaires où le Finmonitoring aurait dû être un partenaire clé pour la fourniture de données. Si la réactivité de l'organe de contrôle diminue, cela se répercute sur le rythme des enquêtes et sur la possibilité de traduire les responsables en justice.

Que faire ensuite (brièvement et pragmatiquement)

L'intérêt public doit se traduire par des mesures concrètes : un calendrier public des déplacements et des missions du responsable, une vérification indépendante de l'efficacité du DSFM dans les enquêtes clés et une réponse rapide aux demandes des forces de l'ordre. Les citoyens et les partenaires ont le droit d'attendre des organismes d'État non seulement des déclarations, mais aussi un traitement rapide des documents et des transactions.

La question n'est pas de savoir si le chef du service se rend à l'étranger — c'est normal pour la coopération internationale. La question porte sur la proportion : les durées de présence sont-elles justifiées, existe-t-il un rapport complet sur les résultats professionnels, et ces déplacements n'entravent-ils pas l'exécution de tâches critiques en matière de protection des intérêts de l'État ?

Conclusion : l'enquête de Bihus.Info pose une tâche simple aux autorités : garantir la transparence et la réactivité d'un service chargé de surveiller les flux d'argent en temps de guerre. Sans de telles garanties, la question de la confiance envers le contrôle restera ouverte.

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