L'essentiel
La décentralisation de l'approvisionnement en énergie et en chaleur de la ville n'est pas une déclaration idéologique, mais un outil pour renforcer la résilience. C'est ce qu'a déclaré Volodymyr Kudrytskyi, ancien président du conseil d'administration d'Ukrenergo, dans une interview à LIGA.net, en soulignant que même un passage partiel à des sources locales et à la cogénération aurait pu atténuer les conséquences de cet hiver difficile pour les habitants de Kyiv.
Position de Volodymyr Kudrytskyi
« L'infrastructure de Kyiv a été conçue à l'époque soviétique, mais cela ne signifie pas qu'on ne peut pas au moins la décentraliser partiellement... La décentralisation aurait beaucoup aidé Kyiv lors du difficile hiver 2025–2026. »
— Volodymyr Kudrytskyi, ancien président du conseil d'administration d'Ukrenergo
Contexte : ce qui s'est passé cet hiver
En Ukraine, depuis le 14 janvier, une situation d'urgence énergétique perdure en raison de frappes massives et du refroidissement. À Kyiv, plusieurs installations clés ont été touchées : après les frappes du 24 janvier, la TÉC-6 a cessé de fonctionner, et le 3 février la TÉC-4 de Darnytsia a subi des dommages critiques — selon le maire, sa réparation prendra au moins deux mois et elle fournissait auparavant le chauffage à plus de 1 100 immeubles dans les districts de Darnytskyi et Dniprovskyi.
Pourquoi la décentralisation fonctionne
Génération locale — mini-chaudières, cogénération, micro-réseaux — réduit la dépendance à un nœud unique. Si une TÉC tombe, d'autres sources locales peuvent soutenir les zones résidentielles et les infrastructures critiques.
Souplesse et rapidité de rétablissement : les petites installations sont plus simples à installer et à réparer, elles sont plus faciles à protéger ou à remettre en fonctionnement après une frappe que les grandes centrales thermiques.
Cadre économique et social : investir dans la décentralisation ne concerne pas seulement l'ingénierie, mais aussi la réduction des risques de coupures pour les citoyens et les entreprises, et donc des coûts supplémentaires liés aux mesures d'urgence.
Contraintes pratiques et réalités
Kudrytskyi reconnaît que le réseau de Kyiv a été conçu selon des normes soviétiques, mais il souligne : ce n'est pas un argument pour renoncer aux réformes. Il ne s'agit pas d'une transformation instantanée, mais d'un programme par étapes — par exemple des quartiers prioritaires, des établissements sociaux, des hôpitaux et des infrastructures critiques.
Ce que cela signifie pour les habitants de Kyiv et les autorités
La décision aujourd'hui est à la fois technique et politique. Pour les habitants de Kyiv, la question clé est : y aura‑t‑il des investissements et des projets qui donneront des résultats visibles dès les prochaines saisons ? Pour les autorités, il s'agit de savoir si elles parviendront à déplacer l'attention des solutions ponctuelles vers des changements systémiques qui renforceront la sécurité énergétique de la ville.
Conclusion
Cet hiver est un test de la capacité de la capitale à s'adapter. La décentralisation partielle n'éliminera pas tous les risques, mais elle offre un mécanisme réel pour atténuer les effets des frappes et accroître les chances d'un chauffage stable pour les habitants. La tâche incombe désormais aux autorités locales et centrales : transformer le diagnostic en projets et en financement, et non en justifications.