Ce qu'a décidé le CAS
Le Tribunal arbitral du sport (CAS) a rejeté la plainte de Vladyslav Heraskevych contre le Comité international olympique (CIO) et l'IBSF. La décision, rendue à 17h15, heure locale (18h15, heure de Kyiv), a confirmé le refus d'annuler la disqualification et de rétablir l'accréditation de l'athlète.
«Nous confirmons que la liberté d'expression est permise aux Jeux olympiques, mais pas sur le lieu de compétition. L'arbitre a entendu les arguments des deux parties et a rendu sa décision conformément aux directives du CIO»
— Matthew Reed, secrétaire général du CAS
Pourquoi la demande a été rejetée
La décision de l'arbitre souligne qu'en dépit du caractère fondamental de la liberté d'expression, son exercice peut être limité sur «le lieu de compétition». L'argumentation du CAS s'appuyait sur le principe de proportionnalité : les restrictions ont été jugées raisonnables et justifiées car il existait des alternatives pour rendre hommage — les zones mixtes, les conférences de presse, les réseaux sociaux ou le port du casque lors des entraînements.
«Elle se dit pleinement solidaire de l'hommage rendu par M. Heraskevych et de sa tentative d'attirer l'attention sur le chagrin et la dévastation qu'ont subis le peuple ukrainien et les sportifs ukrainiens à cause de la guerre»
— Texte de la décision du CAS (arbitre unique)
Chronologie en quelques phrases
Le 9 février, Heraskevych a annoncé qu'il lui était interdit d'utiliser un casque portant l'image d'athlètes décédés. Le Comité national olympique d'Ukraine a demandé au CIO d'autoriser le casque. Le 10 février, le CIO a autorisé uniquement un brassard noir lors des compétitions. Le 12 février, l'athlète a été disqualifié avant sa première manche ; le CAS a désormais rejeté sa plainte, tout en précisant que le retrait de son accréditation était injustifié et que celle-ci a été rétablie.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine et pour le sport
Cette affaire dépasse le cadre d'un seul casque. Pour les Ukrainiens, il s'agit avant tout du droit de commémorer publiquement les disparus et de préserver le récit de l'agression qui a coûté la vie à des concitoyens. Pour le sport international, il s'agit de définir les limites entre politique et mémoire sur le terrain sportif.
La décision du CAS confirme l'autorité des directives du CIO et envoie le signal suivant : si l'objectif est d'attirer l'attention sur une tragédie, cela peut se faire, mais pas pendant la performance elle-même. Cela pose la tâche au Comité national olympique d'Ukraine, aux organisations de la société civile et aux partenaires internationaux — obtenir une démarcation plus claire entre le droit de commémorer et les règles de la compétition, afin d'éviter que de tels conflits ne se reproduisent.
Résumé
La décision du CAS préserve l'équilibre entre la liberté d'expression et la réglementation du «lieu de compétition», mais n'enlève rien au poids politique de cet incident. Reste à voir si les institutions ukrainiennes parviendront à transformer cette résistance symbolique en une pratique durable de commémoration — en dehors du terrain, mais non dépourvue de retentissement.
«Le tribunal a entendu les arguments et examiné les Principes directeurs relatifs à l'expression des opinions des athlètes... les restrictions sont raisonnables et proportionnées, compte tenu des autres possibilités d'attirer l'attention»
— Décision du CAS