Ce qu'a dit Tsahkna
Dans une interview accordée à DW, le ministre des affaires étrangères estonien Margus Tsahkna a déclaré que le pays «sait exactement quoi faire» en cas d'attaque russe et dispose de plans non seulement de défense, mais aussi de transfert des opérations militaires sur le territoire de la Russie. Selon lui, le niveau de dissuasion en Estonie «est vraiment élevé».
"Nous savons exactement quoi faire. Nous sommes prêts face à une éventuelle invasion russe, et le niveau de dissuasion est vraiment élevé... Si la Russie envahit notre territoire et que nous opposons une résistance, nous porterons la guerre sur le territoire russe"
— Margus Tsahkna, ministre des affaires étrangères de l'Estonie (interview DW)
Pourquoi c'est important
Ce n'est pas une simple rhétorique — c'est une composante de la politique de dissuasion. Pour de petits pays frontaliers comme l'Estonie, la capacité à infliger une riposte augmente le coût de l'agression pour l'adversaire et rend le facteur géographique moins tranché. Pour l'Ukraine, cette position compte : la solidarité des alliés et la volonté d'agir de manière globale renforcent le front de sécurité commun.
Contexte et mesures concrètes
Cette déclaration s'inscrit dans le cadre de plusieurs mesures pratiques prises par Tallinn : fin décembre 2025, le chef du renseignement extérieur estonien avait exprimé l'avis que la Russie n'entend pas actuellement attaquer les pays baltes, tout en soulignant qu'en parallèle l'Estonie renforce ses capacités de défense. Le 29 janvier 2026, il a été rapporté que l'Estonie a proposé d'interdire l'entrée dans l'espace Schengen aux militaires russes ayant participé à la guerre contre l'Ukraine ; auparavant, le pays avait déjà interdit l'entrée à 261 militaires russes impliqués dans les combats.
Ce que cela signifie pour l'OTAN et l'Ukraine
La déclaration souligne deux éléments clés : premièrement, que la dissuasion dans la région se construit non seulement par la présence de troupes, mais aussi par la volonté d'avoir recours à des mesures asymétriques et offensives ; deuxièmement, que l'efficacité de cette stratégie dépend de la volonté politique de l'Europe et de la coordination au sein de l'OTAN. Les analystes de l'UE et de l'Alliance atlantique notent que la démonstration d'une volonté de réponse ferme augmente les risques d'escalade, mais accroît aussi le coût de l'agression pour l'adversaire.
Conclusion
La déclaration de Tsahkna envoie un signal : pour les pays baltes, la défense ne se limite plus depuis longtemps à des mesures purement passives. Pour l'Ukraine, c'est un rappel de l'importance de l'unité des partenaires et de la capacité à transformer les déclarations de dissuasion en plans concrets. La prochaine étape dépendra de la transformation du soutien politique européen en décisions concrètes — opérationnelles, logistiques et législatives.