Merz s'envole pour Washington avec une position européenne coordonnée sur les droits de douane — pourquoi cela compte pour l'Ukraine

Le chancelier allemand a promis de défendre une position unie de l'UE vis‑à‑vis des États‑Unis à la suite des décisions de la Cour suprême et des nouveaux tarifs mondiaux — cela crée des risques pour les chaînes d'approvisionnement, les prix et la coopération en matière de défense, qui touchent directement l'intérêt ukrainien.

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Дональд Трамп і Фрідріх Мерц (Фото: WILL OLIVER / EPA)

Merz : je me rendrai à Washington avec une position européenne unifiée

Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré dans une interview aux chaînes allemandes (selon Reuters) qu'il irait aux États-Unis « avec une position européenne concertée » sur les droits de douane. Ce message poursuit deux objectifs : montrer la coordination au sein de l'UE et souligner que la politique tarifaire relève de la compétence de l'Union, et non des capitales individuelles.

"Nous aurons une position européenne très claire sur cette question, car la politique tarifaire relève de l'Union européenne et non des États membres pris isolément, et je me rendrai à Washington avec une position européenne concertée"

— Friedrich Merz, chancelier d'Allemagne

Contexte : décision de justice, nouveaux tarifs et calendrier

Le 20 février, la Cour suprême des États-Unis a jugé illégaux la plupart des droits instaurés par la précédente administration, mais, selon Reuters et Politico, l'administration a répondu par un nouveau dispositif — en instaurant des droits globaux sur la base d'une autre loi. Le représentant américain au commerce Jamison Greer a confirmé que les tarifs sectoriels continueront de s'appliquer, et le président lui-même a annoncé une augmentation des tarifs de 10 % à 15 %, qui doit entrer en vigueur le 24 février et durer 150 jours.

Pourquoi cela compte pour l'Europe — et pour l'Ukraine

L'incertitude concernant les droits de douane frappe les investissements et les chaînes d'approvisionnement. Pour l'UE, il s'agit d'une question de compétitivité pour l'industrie automobile, la métallurgie et les composants énergétiques. Pour l'Ukraine, ces changements ont une double importance : d'une part en tant que maillon des chaînes d'approvisionnement communes (métaux, composants, logistique), d'autre part en raison de leur impact sur les prix dans les économies partenaires et sur les capacités de reconstruction des infrastructures critiques et des achats de défense.

Des experts européens et américains préviennent : l'incertitude prolongée sape les plans des investisseurs et retarde la reprise des lignes de production. Comme l'a souligné Merz dans un entretien avec Politico, à long terme les droits de douane nuisent non seulement aux exportateurs, mais aussi aux consommateurs du pays qui les instaure.

"Le plus grand poison pour les économies d'Europe et des États-Unis est l'incertitude permanente concernant les droits de douane. Et cette incertitude doit cesser"

— Friedrich Merz, chancelier d'Allemagne

Ce qui pourrait se passer ensuite — et comment réagir

Merz doit rencontrer le président des États-Unis début mars. Plusieurs scénarios sont sur la table : un règlement diplomatique avec des exemptions pour les secteurs critiques, des compromis temporaires ou une escalade avec des restrictions supplémentaires. Pour l'Ukraine, il est important que l'UE obtienne des garanties claires concernant les chaînes d'approvisionnement et des régimes spéciaux de coopération dans les domaines de la défense et de la reconstruction.

Bref résumé

Le message de Merz est un signal d'unité de l'UE face aux États-Unis. Mais la véritable épreuve viendra lorsque les déclarations se transformeront en accords concrets : mécanismes pour réduire l'incertitude, exemptions pour les chaînes critiques et coordination des approvisionnements de défense. La question pour les partenaires : y aura-t-il suffisamment de volonté politique pour placer la stabilité du commerce au‑dessus des gestes tactiques à court terme ?

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