«Орєшнік» en Biélorussie : pas un game-changer sur le front, mais une menace nucléaire directe pour l'Europe

L'ancien chef du renseignement finlandais Pekka Toveri explique pourquoi le recentrage sur la portée moyenne n'est pas tant un avantage tactique qu'un avertissement stratégique. Ce que cela signifie pour la sécurité de l'Ukraine et de l'Europe — en bref et sans hystérie.

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Ракета РС-26 "Рубіж", експериментальним варіантом якої є "Орєшнік" (Ілюстративне фото: ресурс окупантів)

Position de l'expert

L'ancien chef du renseignement militaire finlandais, désormais député européen Pekka Toveri, estime dans une interview à LIGA.net que le déploiement en Biélorussie des missiles à moyenne portée «Орєшнік» est une étape importante, mais pas décisive sur le plan tactique ou opérationnel.

«Le déploiement de «Орєшнік» ne change pas la donne au niveau tactique ou opérationnel. Oui, il permet de frapper des objectifs en Europe de l'Ouest à environ 300 km supplémentaires. Mais il rapproche aussi les lanceurs des moyens de l'OTAN, ce qui facilite leur détection et leur destruction.»

— Pekka Toveri, ancien chef du renseignement militaire finlandais, député européen

Ce que cela signifie pour l'Europe et pour l'Ukraine

L'idée clé de l'expert est la différence entre tactique et stratégie. Sur le champ de bataille, «Орєшнік», dans le nombre d'unités actuellement disponibles pour les Russes, ne change pas le rapport de forces. En revanche, son déploiement en Biélorussie a un effet stratégique et politique : c'est un signal de la volonté de Moscou d'utiliser des moyens capables de porter des charges conventionnelles comme nucléaires.

Cela complique la vie de l'Europe : même si les missiles sont plus faciles à détecter du fait de leur rapprochement des frontières de l'OTAN, la pression psychologique et diplomatique augmente. Toveri souligne également la rupture de la logique du Traité sur l'élimination des missiles à portée intermédiaire et à plus courte portée (FNI) — après le retrait des États-Unis en 2019 en raison de multiples violations de la part de la Russie, l'Occident n'a pas déployé de systèmes correspondants en Europe, mais la Russie adopte une approche différente.

Selon LIGA.net, il n'existe actuellement aucune confirmation quant au déploiement en Biélorussie des plates-formes de lancement «Орєшнік» (rapport BelPol). La cheffe de l'opposition biélorusse en exil, Sviatlana Tsikhanouskaya, souligne que la responsabilité de l'escalade incombe au régime de Loukachenko.

Conséquences pratiques et recommandations

Pour l'Ukraine et ses partenaires, cela implique plusieurs mesures concrètes : renforcer le renseignement et la défense antimissile sur les axes critiques, faire des chaînes d'approvisionnement vulnérables de «Орєшнік» des cibles prioritaires pour le renseignement et les frappes, et exercer une pression politique accrue sur Minsk et Moscou.

«L'OTAN doit montrer clairement, par des exercices et le déploiement des moyens nécessaires, qu'elle est prête à détruire ces plates-formes de lancement. L'Alliance doit aussi engager des négociations sur la création et l'amélioration d'un potentiel nucléaire de moyenne portée propre.»

— Pekka Toveri, ancien chef du renseignement militaire finlandais, député européen

Conclusion

«Орєшнік» ne modifie pas la ligne de front proche, mais il change le ton du débat géopolitique : il ne s'agit pas seulement de missiles, mais de la volonté de Moscou de rejeter les accords existants et d'intimider l'Europe. Pour l'Ukraine, il est important de ne pas se laisser entraîner par une démonstration de force théâtrale, mais de travailler sur de vrais instruments de dissuasion — du renseignement et de la défense antimissile à la diplomatie et à la coordination avec les partenaires. Les analystes s'attendent à ce que cela entraîne un renforcement des exercices et des débats au sein de l'OTAN — mais cela demandera du temps et de la volonté politique.

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