Ce qui s'est passé
Dans la nuit du 21 février, l'État‑major général des Forces armées d'Ukraine a signalé une série de frappes contre des objectifs ennemis sur la péninsule de Crimée, temporairement occupée.
Selon le commandement, dans la zone de la ville de Inkerman, deux patrouilleurs frontaliers du projet 22460 «Okhotnik» ont été touchés.
Également, sur le site de l'usine de réparation aéronautique de la ville de Eupatoria, il a été constaté l'atteinte de deux hydravions de lutte anti‑sous‑marins Be‑12.
En outre, il est rapporté une frappe contre un système de lance‑roquettes multiple «Tornado‑S» près du hameau d'Astrakhanka dans la région de Zaporijia.
«Des cibles ont été touchées. L'étendue des dégâts est en cours d'évaluation»
— État‑major général des Forces armées d'Ukraine
Pourquoi c'est important
Les frappes contre des patrouilleurs et des avions ne constituent pas seulement des défaites tactiques d'unités isolées. La réduction du renseignement et du patrouillage maritime diminue la capacité de la Russie à contrôler les couloirs de navigation et à intercepter les approvisionnements. Les dommages aux capacités de réparation ralentissent le retour du matériel en service — même une atteinte partielle à l'étape de la maintenance produit un effet plus durable que la destruction isolée en mer.
Contexte et enchaînement des opérations
Cela s'inscrit dans une série de frappes ciblées contre les actifs maritimes et aériens de l'ennemi. En septembre 2025, la Direction principale du renseignement (GUR) avait annoncé la destruction de deux Be‑12, et en décembre de la même année les Forces d'opérations spéciales ukrainiennes avaient touché le patrouilleur «Okhotnik» et une plateforme de forage en mer Caspienne. Les analystes y voient une stratégie cohérente d'affaiblissement de la présence russe en mer.
«Les pertes ennemies et l'étendue finale des dégâts sont en cours d'évaluation»
— État‑major général des Forces armées d'Ukraine
Conséquences et à quoi s'attendre
Tant que les bilans officiels sont en cours de précision, on distingue deux niveaux d'effet : tactique — réduction instantanée des capacités de l'ennemi, et stratégique — augmentation du coût de son stationnement et de l'entretien du matériel sur les territoires occupés. Cela envoie également le signal que des infrastructures critiques peuvent être atteintes loin de la ligne de front.
Dans les semaines à venir, les éléments clés seront : la confirmation des pertes matérielles, la nature des réparations du matériel endommagé et la réaction de la Russie — renforcera‑t‑elle ses systèmes de défense aérienne et modifiera‑t‑elle la logistique de ses bases. De cela dépendra la durabilité de la perte de capacités de l'ennemi.
Question pour les partenaires et les analystes : les capacités de renseignement et de feu seront‑elles suffisantes pour transformer de tels succès tactiques en un avantage maritime stable et durable ?