Décision du tribunal — ce qu’il faut savoir maintenant
Le tribunal du district de Pechersk de Kyiv, jeudi 26 mars, a placé le Lvivien Назарія Гусакова en assignation à résidence nocturne — de 22h00 à 06h00. C’est ce qu’a rapporté un correspondant de hromadske depuis la salle d’audience. Son passeport pour quitter le pays lui a également été retiré.
Ce qui s’est passé
Назарія Гусакова est soupçonné d’avoir détourné des dons collectés pour le traitement de l’atrophie musculaire spinale (SMA). Le parquet a réclamé une assignation à résidence 24 heures sur 24 à son domicile à Lviv ; la défense a demandé une assignation nocturne et a insisté sur les motifs médicaux du suspect.
"Son état de santé s’est considérablement détérioré. Il ne peut pas aller aux toilettes seul. Il faut le porter jusque-là. Il ne peut en aucun cas se présenter au tribunal. Tout ce qu’il peut faire, c’est se connecter en visioconférence. Mais il n’entrave en rien l’enquête et il rend des témoignages"
— l’avocate de Назарія Гусакова
Selon le bureau du Procureur général, la notification de modification des accusations a été remise après le retour du suspect en Ukraine le 25 mars. Comme l’a déclaré le Procureur général Руслан Кравченко, le nombre de victimes dans l’affaire est passé de 34 à 96 personnes, et le montant des préjudices est désormais estimé à 2 millions de hryvnias.
Contexte et conséquences
Le scandale autour des collectes a éclaté le 17 juin 2025 — la journaliste Худецька a attiré l’attention sur des détails suspects dans des levées de fonds publiques. Ensuite, le maire de Lviv a indiqué que la ville et le fabricant du médicament fournissaient le produit gratuitement depuis des années. Le 22 juin, l’affaire est montée au plus haut niveau : le président en a été informé et les forces de l’ordre ont ouvert deux procédures.
La décision du tribunal peut être lue comme un compromis raisonné : le tribunal a visiblement tenté de concilier les arguments médicaux de la défense avec la nécessité d’empêcher une fuite ou une entrave à l’enquête — d’où la saisie du passeport. Il est donc important, maintenant, de porter attention non seulement à l’affaire individuelle, mais à l’effet plus large sur le secteur caritatif.
Pourquoi c’est important pour le lecteur
Cette affaire touche à la confiance fondamentale : lorsqu’il s’agit de collectes pour des traitements, la société a le droit d’attendre transparence et garanties que les dons parviennent au patient. L’augmentation du nombre de victimes et du montant des préjudices renforce les arguments en faveur d’une vérification accrue des campagnes de crowdfunding et de procédures officielles lors de la remise de médicaments coûteux.
Des experts et des défenseurs des droits appellent déjà à la mise en place de mécanismes de contrôle : des registres électroniques des collectes caritatives jusqu’à un accès rapide aux dossiers médicaux pour vérifier la nécessité des traitements.
La suite
L’enquête se poursuit. Des appels contre la mesure de sûreté sont possibles ainsi que d’autres actions d’enquête qui pourraient préciser quelles opérations et transactions sont considérées comme des détournements. Pour la société, la question essentielle est la suivante : ce cas deviendra-t-il un moteur de réformes dans le domaine de la philanthropie ou restera-t-il un scandale isolé ?
Les lecteurs devraient garder un esprit critique : vérifier les sources des collectes, utiliser des canaux officiels (hôpitaux, fonds reconnus) et prêter attention aux rapports publics sur l’utilisation des fonds. Tant que la procédure judiciaire suit son cours, la confiance exige non pas des émotions, mais des règles transparentes.
Pour en savoir plus sur ce qu’est la SMA et comment cette maladie est traitée en Ukraine, lisez la chronique de Світлани Соловйової sur LIGA.net.