Ce qui s'est passé
En septembre 2022, selon l'Associated Press, le Service de sécurité de l'Ukraine (SBU) a perquisitionné le bureau de l'ancien commandant en chef des Forces armées ukrainiennes, Valerii Zaluzhnyi. Selon l'ex‑chef d'état‑major, des dizaines d'agents du SBU ont participé à la perquisition ; plus d'une dizaine de officiers britanniques se trouvaient prétendument dans les locaux.
La version de Zaluzhnyi
Zaluzhnyi décrit l'incident comme une « menace explicite » et suppose que la perquisition pourrait avoir été une manière d'intimidation de la part du Bureau du président. Il affirme avoir appelé l'alors chef du Bureau, Andrii Yermak, et l'avoir prévenu qu'il était prêt à mobiliser des militaires pour défendre le centre de commandement.
« Je l'ai dit à Yermak : je repousserai cette attaque, parce que je sais comment faire la guerre — "Je me battrai contre vous et j'ai déjà appelé des renforts pour appui." »
— Valerii Zaluzhnyi, ancien commandant en chef des Forces armées ukrainiennes
Selon Zaluzhnyi, il a également appelé l'alors chef du SBU, Vasyl Malyuk, mais a obtenu pour réponse que celui‑ci « ne savait rien » et qu'il s'en occuperait. Un document judiciaire obtenu par l'AP indique que, deux jours avant la perquisition, le SBU avait saisi un tribunal de district de Kiev pour demander un mandat de perquisition à la même adresse, en invoquant des faits liés à un club de strip‑tease qui appartiendrait prétendument à une organisation criminelle.
Deux employés de ce club ont déclaré aux journalistes que l'établissement à l'adresse indiquée avait été fermé avant l'invasion à grande échelle.
Position des parties et sources
Associated Press a publié les éléments en se référant à des documents judiciaires et à des entretiens avec des témoins. L'article précise que le SBU et le Bureau du président ont refusé de commenter au moment de la publication.
Pourquoi c'est important
L'incident touche quatre dimensions pratiques qui intéressent chaque Ukrainien :
- Sécurité du commandement : la présence d'officiers étrangers et les menaces potentielles pesant sur les états‑majors pendant la guerre relèvent de la sécurité opérationnelle.
- Relations civilo‑militaires : tout conflit entre les services de sécurité et le Bureau du président sape la coordination au moment critique.
- Confiance des partenaires : les alliés étrangers tiennent compte de la stabilité des institutions lorsqu'ils prennent des décisions sur le soutien et l'équipement.
- Responsabilité et transparence : les documents judiciaires et les enquêtes journalistiques doivent déterminer s'il existait des motifs légitimes pour ces actions et si les procédures d'enquête n'ont pas été utilisées comme instrument de pression.
Les analystes et experts militaires interrogés par les médias mettent en garde : même des épisodes isolés ressemblant à une confrontation interne peuvent avoir des répercussions sur la logistique, la transmission de données et la préparation des unités.
Contexte
Ce cas n'est pas un événement isolé dans la série de déclarations publiques de 2022–2023. Par ailleurs, le 14 février, le président Volodymyr Zelensky a indiqué qu'on lui aurait, dit‑on, conseillé aux États‑Unis, avant l'invasion à grande échelle, de creuser des tranchées — un autre exemple de la façon dont les tensions et des conseils atypiques ont façonné l'environnement de prise de décision.
Conclusion
Le fait de la perquisition confirme l'existence de documents officiels et de déclarations, mais les questions sur les causes et les conséquences restent ouvertes. L'important maintenant n'est pas l'émotion, mais l'enquête : y avait‑il des motifs pour les actions d'enquête et qui sera tenu responsable si les procédures ont été utilisées comme moyen de pression ? Sans résultats transparents, le risque d'une nouvelle érosion de la confiance entre l'armée, les services de sécurité et le pouvoir politique augmente — ce qui affecte directement notre capacité à nous défendre et à obtenir le soutien des partenaires.