La trêve signée — les frappes continuent : Netanyahu ordonne à Tsahal d'attaquer le Hezbollah 48 heures après sa prolongation

Le Premier ministre israélien a ordonné des « frappes énergiques » contre les cibles du Hezbollah au Liban le même jour où une trêve de trois semaines convenue à la Maison-Blanche est entrée en vigueur. Ce n'est pas le premier cycle : le cessez-le-feu se prolonge — les combats aussi.

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Беньямін Нетаньягу (Фото: EPA/Abir Sultan)

Un ordre qui contredit son propre accord

Le 26 avril, le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a diffusé un message laconique : Tsahal a reçu l'ordre d'« attaquer énergiquement » les cibles du Hezbollah au Liban. Aucun détail — uniquement l'ordre. Cela s'est produit deux jours après que Trump a personnellement annoncé la prolongation de la trêve entre Israël et le Liban pour trois semaines suite aux négociations à la Maison-Blanche.

Le prétexte formel — les frappes de roquettes et de drones du Hezbollah au nord d'Israël et contre les positions de Tsahal au sud du Liban le même jour. Cependant, l'armée israélienne a enregistré des violations du régime de cessez-le-feu par le Hezbollah pratiquement quotidiennement depuis le début de la première trêve de dix jours, entrée en vigueur le 16 avril.

« La trêve est absurde compte tenu de la détermination d'Israël à poursuivre les actions hostiles, y compris les meurtres, la destruction de maisons et la poursuite de l'occupation ».

— Hezbollah, déclaration suite à l'annonce de la prolongation de la trêve

Ce qui s'est passé le 26 avril sur le terrain

Après l'ordre de Netanyahou, l'agence d'État libanaise NNA a enregistré des frappes dans quatre zones du sud du Liban : deux fois dans la région de Bint Jbeil, dans la région de Tyr et deux fois dans la région de Nabatiyé. Tsahal a confirmé l'opération, déclarant qu'il avait « frappé l'infrastructure terroriste du Hezbollah utilisée à des fins militaires dans tout le sud du Liban » et a ajouté qu'il « continuerait à agir résolument contre les menaces pesant sur les civils et les soldats israéliens ».

Selon le ministère libanais de la Santé, la frappe aérienne israélienne contre un camion et une moto à Yahmar al-Chaqif a fait quatre morts. Le Hezbollah a riposté en déclarant qu'il avait attaqué un transport militaire israélien au sud du Liban.

Pourquoi c'est important : le conflit dans les limites de l'accord

Trump, en annonçant la prolongation de la trêve, a spécifiquement souligné : l'accord n'interdit pas à Israël de frapper en légitime défense. Netanyahou, pour sa part, a déclaré publiquement qu'Israël « conserve une complète liberté d'action contre toute menace » et a accusé le Hezbollah de tenter de saboter les négociations.

  • Israël continue de maintenir des positions au sud du Liban, malgré les conditions de la trêve de novembre 2024, qui prévoyait le retrait des troupes.
  • Le Hezbollah déclare que ses frappes sont une réponse aux violations israéliennes — notamment la destruction de maisons et les meurtres dans les territoires occupés.
  • Le gouvernement libanais négocie le retrait des troupes israéliennes et le désarmement du Hezbollah, mais sans aucun mécanisme de vérification de l'exécution.

Les frappes du 26 avril ont eu lieu au nord du fleuve Litani — c'est-à-dire en dehors de la zone qu'Israël déclare comme secteur de ses opérations. C'est précisément ce qu'Al Jazeera et la partie libanaise qualifient d'escalade, et non de réaction dans le cadre des accords.

Pourquoi maintenant et à qui cela profite-t-il

Pour Netanyahou, faire preuve de fermeté envers le Hezbollah est un atout politique intérieur : en Israël, la pression de la coalition de droite perdure, exigeant de ne pas interrompre les opérations militaires. Trump a obtenu un succès public sous la forme d'une « trêve prolongée », mais le contrôle réel sur la dynamique sur le terrain reste limité — l'accord sans mécanisme de suivi ne tient que par la retenue.

Le Hezbollah, qui a publiquement qualifié la trêve de « absurde », a obtenu une justification pour poursuivre les frappes — et a simultanément montré qu'il pouvait escalader à tout moment, sans assumer la responsabilité du sabotage des négociations en tant qu'initiateur.

Si au cours des 72 prochaines heures aucune des deux parties ne fait un pas vers le rétablissement du régime de cessez-le-feu, la pause de trois semaines pourrait s'avérer n'être qu'une pause entre deux escalades — et non le début de négociations plus larges que Washington a publiquement annoncées comme objectif final.

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