Les sauveteurs creusent à mains nues : comment le Venezuela survit sous les décombres sans État

920 morts, 6,7 milliards de dollars de dégâts — et aucun équipement lourd officiel dans les zones les plus sinistrées au cours des 24 premières heures. Le tremblement de terre a révélé non seulement la fragilité des bâtiments, mais aussi la fragilité de l'État.

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Рятувальники з Мексики працюють біля зруйнованої будівлі в Ла-Гуайрі, Венесуела, 26 червня 2026 року (Фото: EPA / Ronald Pena R)

Le 24 juin 2026 à 18h04, heure locale, le Venezuela a été secoué par deux tremblements de terre à 39 secondes d'intervalle — de magnitude 7,2 et 7,5. L'épicentre se situe à San Felipe, dans l'État de Yaracuy, à environ 160 kilomètres à l'ouest de Caracas. Selon Wikipédia, il s'agit du tremblement de terre le plus violent au Venezuela depuis 1900. Au moins 920 personnes ont péri, plus de 4 500 ont été blessées, et plus de 50 000 sont considérées comme disparues, bien que le gouvernement n'ait pas confirmé officiellement ce chiffre.

La Guaira : une ville qui n'existe plus sous sa forme ancienne

La ville portuaire de La Guaira, à 16 kilomètres du centre de Caracas, a été la plus touchée. Plus de 250 immeubles d'habitation se sont effondrés. L'aéroport international Simón Bolívar — le seul grand hub aérien du pays — a subi des dégâts importants, tous les vols ont été annulés. Les télécommunications dans la ville ont été coupées immédiatement après les secousses.

À Caracas, dans le quartier d'Altamira, un immeuble de 22 étages s'est effondré complètement. Trente autres bâtiments dans ce quartier ont subi des dégâts critiques. Les bâtiments de l'ambassade de France et du siège de la Croix-Rouge vénézuélienne ont également été détruits.

L'État en retard — les voisins sont venus avec des pelles

C'est ici que réside l'angle inattendu de cette catastrophe. Selon Wikipédia, citant des témoins, près de 24 heures après le tremblement de terre, les habitants de La Guaira dégageaient les décombres à mains nues — en raison d'une pénurie aigüe d'équipement lourd et d'une présence minimale de l'État dans les premières heures.

« Dans un endroit comme celui-ci, vous restez simplement paralysé. Vous n'avez même pas envie de prendre des photos »

— bénévole Sebastián Arias, NPR

Arias décrivait comment il se déplaçait entre les quartiers : quelque part il y avait trop de bénévoles, ailleurs il n'y avait personne et aucun outil. Parallèlement, un site web de bénévoles « Desaparecidos Terremoto Venezuela » est apparu — une base de personnes disparues créée par des civils, non par des structures d'État, et activement diffusée par l'opposition.

Blocus médiatique pendant l'opération de sauvetage

Une autre dimension de la crise est informationnelle. Selon l'organisation VE sin Filtro, plus de 200 sites web ont été bloqués au Venezuela, notamment des ressources d'information, des réseaux sociaux et des services VPN. L'ONU a appelé publiquement à « rétablir complètement l'accès aux réseaux sociaux et à tous les médias », soulignant que l'accès opportun à l'information est crucial pour la protection des vies.

Un déblocage partiel de X (Twitter) s'est produit après le tremblement de terre — sous la pression des critiques internationales.

6,7 milliards de dollars de dégâts — dans le contexte d'une économie détruite

Le PNUD a estimé les dégâts à 6,7 milliards de dollars. Mais le contexte rend ce chiffre encore plus lourd : comme le note NPR, le Venezuela est entré dans la catastrophe déjà détruit — hôpitaux sans équipements ni médicaments, coupures d'électricité régulières, déficit budgétaire chronique. Avant même le tremblement de terre, selon l'IRC, près de 8 millions de personnes à l'intérieur du pays avaient besoin d'une aide humanitaire.

La réaction internationale s'est avérée rapide : les États-Unis ont envoyé des équipes de sauvetage de Virginie et de Californie, le Mexique a dépêché du personnel médical et militaire, le Canada a annoncé 5 millions de dollars d'aide d'urgence. Le Chili, le Salvador et l'Argentine ont envoyé des spécialistes ayant de l'expérience en matière de catastrophes sismiques.

  • Décès : au moins 920
  • Blessés : plus de 4 500
  • Disparus (officieusement) : plus de 50 000
  • Maisons détruites à La Guaira uniquement : plus de 250
  • Estimation des dégâts (PNUD) : 6,7 milliards de dollars

L'USGS avertit : le système PAGER prévoit que le nombre réel de morts pourrait dépasser 100 000 — en tenant compte des personnes disparues non confirmées et des zones inaccessibles aux sauveteurs.

La question clé des prochaines semaines : le Venezuela pourra-t-il accepter une aide internationale à grande échelle — techniquement et politiquement — si l'aéroport est endommagé, Internet partiellement bloqué, et le nouveau gouvernement n'a pas d'expérience en matière de coordination avec les organisations internationales dans le contexte d'une catastrophe de cette ampleur ?

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