Le 22 mai, le président américain Donald Trump a convoqué une réunion avec la direction supérieure de son équipe de sécurité nationale pour examiner un scénario de retour aux actions militaires contre l'Iran. Selon Axios, citant deux responsables américains anonymes, Trump envisage sérieusement de nouvelles frappes — si les négociations ne connaissent pas une percée de dernière minute.
La réunion a réuni le vice-président JD Vance, le ministre de la Défense Pete Hegseth, le directeur de la CIA John Ratcliffe et la chef du cabinet de la Maison Blanche Susie Wiles.
Les négociations « tourmentent » les deux parties
Un responsable américain au courant du déroulement des efforts diplomatiques a décrit les négociations en un seul mot — agonizing. Selon lui, les brouillons d'accord « circulent quotidiennement d'avant en arrière » sans progrès notable. Les médiateurs — le Pakistan, le Qatar, l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Turquie — tentent de finaliser une « lettre d'intention » : cessation des combats et 30 jours pour négocier le programme nucléaire.
« Trump est de plus en plus déçu ces derniers jours et a soulevé la question d'une opération militaire finale à grande échelle — après laquelle il pourrait proclamer la victoire et mettre fin à la guerre ».
— Axios, source proche de Trump
Un sprint diplomatique parallèle
Pendant que la réunion se déroulait à la Maison Blanche, le maréchal pakistanais Asim Munir — principal médiateur entre Washington et Téhéran depuis le début de la guerre — s'est envolé pour Téhéran. Une délégation qatarie l'accompagnait. Munir devait rencontrer le général Ahmad Vahidi, commandant des IRGC, qui est une figure clé dans le système décisionnel iranien.
La pierre d'achoppement reste inchangée : selon Axios, malgré l'optimisme public de Trump, l'Iran n'a jamais accepté d'abandonner définitivement l'enrichissement de l'uranium. La dernière position enregistrée de Téhéran est un moratoire temporaire, non un abandon complet.
Contexte : des cinq rounds à l'impasse
- Le quatrième round de négociations à Rome a été reporté début mai en raison de nouvelles sanctions américaines et du « comportement contradictoire » de Washington — selon la partie iranienne.
- Le cinquième round (23 mai, Rome) s'est terminé avec, selon l'évaluation d'Oman, un « progrès certain, mais non décisif ».
- Le 31 mai, l'AIEA a enregistré un record de réserves d'uranium enrichi à un niveau proche de celui des armes en Iran.
Cette réunion actuelle intervient dans ce contexte : non comme une mesure préventive, mais comme une réaction aux signes d'effondrement du processus diplomatique.
Si la mission pakistano-qatarie n'aboutit pas à une lettre d'intention signée d'ici la fin du week-end — Trump conservera-t-il un prétexte diplomatique justifié pour s'abstenir de la frappe qu'il a déjà soumise à l'examen du conseil de sécurité nationale ?