En bref — pourquoi cela vaut la peine de le lire
L’affaire de Heraskevych est plus qu’une protestation individuelle d’un athlète. C’est une épreuve pour les procédures du CIO et un test de la capacité des institutions internationales à prendre en compte le contexte et les droits des sportifs lors de décisions politiquement sensibles. Le commentaire de l’avocat Yevhen Pronin explique quels résultats sont réalistes et ce que chacun d’eux signifierait.
Ce qui s’est passé
Vladyslav Heraskevych a été disqualifié par le CIO aux Jeux olympiques de 2026 pour avoir voulu utiliser un casque commémoratif portant des images d’athlètes ukrainiens décédés. Il a fait appel auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS). Comme l’a indiqué l’avocat du sportif Yevhen Pronin dans une interview à l’UNN, l’affaire a avancé et, lors de l’audience, Heraskevych « s’est comporté dignement » et a défendu sa position de manière argumentée.
Scénarios possibles du TAS — en bref
Selon Pronin, plusieurs scénarios sont juridiquement réalistes :
1) Annuler la disqualification — c’est‑à‑dire que le tribunal décide que Heraskevych n’a pas enfreint les règles et que la disqualification était injustifiée. Cela peut s’accompagner ou non d’une indemnisation financière.
2) Annuler la disqualification avec la possibilité technique de récupérer les manches — permettre au sportif de disputer les manches qu’il a manquées. Ce format implique des risques organisationnels et sportifs importants : les autres participants ont concouru dans des conditions météorologiques et sur une piste différentes, ce qui remet en question l’équité des résultats.
3) Rejet de la requête — le TAS maintient la décision du CIO. Comme l’a noté Pronin, les précédents de victoires contre le CIO sont rares, donc cette issue est possible.
« Comme disent les juristes, ici c’est 50-50, mais en tant qu’Ukrainien et en tant que supporter j’aimerais que le tribunal reconnaisse que Vladyslav n’a rien enfreint, qu’il ne soit pas considéré comme disqualifié et ce serait bien qu’il obtienne une compensation financière. À l’audience il s’est comporté brillamment et a très bien exposé ses contre‑arguments. »
— Yevhen Pronin, avocat de Vladyslav Heraskevych (commentaire pour UNN)
Pourquoi c’est important pour l’Ukraine
Premièrement, l’affaire a une dimension symbolique : il s’agit du droit d’honorer la mémoire des morts et des limites que le CIO impose aux symboles politiques ou commémoratifs. Deuxièmement, la décision du TAS aura des conséquences pratiques pour la carrière du sportif — de la réhabilitation de sa réputation à d’éventuelles compensations. Troisièmement, le résultat influencera la perception de l’Ukraine dans le sport international : nos arguments seront‑ils entendus au sein des institutions internationales ?
La suite
La décision du TAS sera non seulement un verdict juridique dans cette affaire précise, mais aussi un test sur la manière dont les instances internationales réagissent aux cas liés à la guerre et à la mémoire. Si le tribunal annule la disqualification — ce sera un signal fort en faveur de la protection des droits des athlètes ; s’il confirme la décision du CIO — cela signifiera que les manifestations politiquement sensibles lors des compétitions auront une tolérance limitée. Pour le public ukrainien, il sera important de suivre la formulation de la décision : ce sont précisément ces termes qui détermineront si l’affaire fera jurisprudence.
Source : commentaire exclusif de l’avocat Yevhen Pronin pour l’UNN ; l’affaire est examinée par le Tribunal arbitral du sport (TAS).