Du service des 10 mois à la démobilisation garantie : comment le décret n°768 change la logique du service militaire

Le Cabinet des ministres a lancé une expérience de deux ans portant sur trois types de contrats à durée déterminée avec un report de service dépendant du nombre de sorties au combat. Pour la première fois, l'État donne un engagement écrit : après avoir servi, on peut rentrer à la maison.

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Le 12 juin 2026, le Cabinet des ministres a signé la résolution n°768, qui est entrée en vigueur dès le 15 juin. Formellement, il s'agit de modifications du calcul des allocations. En réalité, c'est une tentative de remplacer la logique « mobilisé jusqu'à la fin de la guerre » par celle d'un contrat à durée déterminée avec une sortie claire.

Trois contrats — trois risques

Le ministère de la Défense a introduit trois types de contrats. Le plus court et le plus dangereux est le contrat d'infanterie d'assaut : 10 mois pour les militaires en service, 14 mois pour les civils. Les contrats de combat et de base — jusqu'à 24 mois selon le poste. Règle générale : tous peuvent conclure des contrats d'une durée de 6 à 24 mois.

La différence réside non seulement dans la durée, mais aussi dans la formule de repos après le service. Pour le contrat d'infanterie d'assaut, un coefficient s'applique : chaque mois en première ligne est multiplié par trois — c'est-à-dire trois mois de repos pour chaque 30 jours de combat. Pour les contrats de 24 mois — un pour un.

Combien et à qui sont versés les salaires

L'allocation de base reste fixée à 20 000 hryvnia par mois. Les indemnités transforment cette somme de manière méconnaissable : en première ligne, les versements atteignent 460 000 hryvnia par mois, pour un ennemi capturé — 100 000 hryvnia. Séparément, les suppléments du « contrat de motivation » jusqu'à 170 000 hryvnia, qui figurent dans les titres, ne sont qu'un élément du système, et non le plafond global.

Les militaires assurant la logistique et le fonctionnement des unités sans autres indemnités recevront au minimum 30 000 hryvnia. Les instructeurs — en plus de 15 000 à 30 000 selon la charge de travail.

Retour des « déserteurs » et programme d'amnistie

Parallèlement aux nouveaux contrats, un programme de retour volontaire de ceux qui ont quitté leur unité sans autorisation a été lancé — sans orientation vers le bataillon de réserve et sans poursuites pénales selon cette voie. C'est un signal : l'État tente de ramener les gens par l'incitation, pas seulement par la contrainte.

Deux ans de test

Le projet expérimental s'étendra jusqu'en juin 2028.

Résolution du Cabinet des ministres n°768 du 12 juin 2026

Le mot « expérimental » ici n'est pas une simple formalité. Si le système ne produit pas de résultats en matière de recrutement, le gouvernement pourrait le réduire ou le réécrire avant la fin de la loi martiale. Pour les consultations, le ministère de la Défense a ouvert une ligne d'assistance 1519.

La question clé ne porte pas sur les chiffres des versements, mais sur le mécanisme de garanties : si la loi martiale est prolongée en juin 2028, les contrats signés actuellement conserveront-ils leur validité — et qui sera responsable du respect de l'engagement « après service — libération »?

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