Saisie de l'usine d'abrasifs de Pobuzke : comment Kyiv coupe les canaux financiers et logistiques vers la Russie

Le Service de sécurité de l'Ukraine (SBU) et le parquet ont saisi des actifs ukrainiens appartenant à un homme d'affaires russe, soupçonné d'avoir fourni du matériel, des drones et du carburant aux unités des forces armées de la Fédération de Russie. Ce n'est pas seulement une action des forces de l'ordre — c'est une démarche visant à priver l'ennemi de ressources et à envisager la nationalisation éventuelle des bénéfices.

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Абразивний порошок ПЗА у біг-бегах (Фото: llc-pza.com)

En bref — et pourquoi c'est important

Le tribunal de district du Podil de Kropyvnytskyï a saisi début février 2026 des droits corporatifs et des biens immobiliers appartenant à l'homme d'affaires russe Vadim Zarubin. La décision du SBU (Service de sécurité de l'Ukraine) et du bureau du procureur régional de Kirovohrad est directement liée à un intérêt de sécurité : l'enquête indique qu'une partie des revenus et des marchandises de ces entreprises a alimenté des unités des forces armées de la Fédération de Russie sur le territoire ukrainien.

Ce qui est précisément saisi

Sont visés par la saisie les droits sur plusieurs sociétés ukrainiennes, l'actif principal étant ТОВ «Побузький завод Абразивів» (100%). Sont également bloquées des parts dans ТОВ «Метсервісгруп» (66%), ТОВ «Укрмайнінг ЛТД» (100%), ТОВ «Марія Лідер» (100%), des locaux de production, des parcelles de terrain de plus de 13 ha, plusieurs véhicules et deux appartements (Pobuzke, Odessa). L'ordonnance du tribunal est publiée dans le registre judiciaire ; le texte de la mise en cause est disponible sur le site du Bureau du Procureur général.

«La saisie empêche le transfert des biens sur des personnes de paille et crée une base pour une future nationalisation des actifs au profit de l'État ukrainien»

— Service de presse du SBU

Base de preuves et accusations

Selon l'enquête, de mars 2019 à mars 2023, Zarubin a perçu plus de 9,1 millions de hryvnias (UAH) provenant des activités de l'usine de Pobuzke sur le compte de son entrepreneur individuel (FOP) ; les fonds étaient transférés sur des cartes bancaires et partiellement affectés au soutien des forces armées russes. Outre les entreprises ukrainiennes, l'homme d'affaires possède également la société russe ТОВ «Рубін Авто», via laquelle, selon l'enquête, des revenus auraient servi au financement de l'armée russe.

L'enquête reproche à Zarubin, notamment, des livraisons personnelles en 2024–2025 : véhicules et pièces détachées, dispositifs de vision nocturne, drones, radios, carburant diesel et lubrifiants, générateurs, filets de camouflage et équipement militaire. Le 29 janvier 2026, il a été mis en cause en vertu de la partie 4 de l'article 110‑2 du Code pénal ukrainien.

Pourquoi cela se fait : logistique, prévention du blanchiment, ressource pour l'État

Des saisies de cette ampleur poursuivent trois objectifs interdépendants : premièrement, rompre les canaux d'approvisionnement des unités ennemies ; deuxièmement, compliquer les tentatives de réécriture ou de sortie d'actifs via des prête-noms ; troisièmement, créer une assise juridique pour la transmission des bénéfices au Trésor public ou leur utilisation pour la reconstruction et les besoins de sécurité.

Précédents — et pourquoi ce n'est pas un cas isolé

Cette affaire s'inscrit dans une série de décisions judiciaires récentes : en janvier 2026, la Haute Cour anticorruption a fait droit à la plainte du ministère de la Justice et a inscrit au profit de l'État 25 % des actions de l'usine de construction de wagons de Kryukiv, qui appartenaient au ressortissant russe Stanislav Gamzalov. En novembre, le tribunal a pris une décision analogue concernant l'administration minière de Kirovohrad, dont le propriétaire était le Russe Sergeï Kabargin. Les analystes y voient la constitution d'un outillage plus robuste pour traiter les actifs liés à l'ennemi.

Ce qui va suivre et ce que cela signifie pour la société

La saisie est en elle-même une mesure provisoire. Les étapes suivantes : la clôture de l'enquête pénale, d'éventuelles actions en justice de la part du propriétaire, et, potentiellement, le transfert des actifs à la propriété de l'État ou leur vente au profit du budget. Pour les citoyens, il est important de comprendre que de telles mesures ont un lien direct avec la sécurité — elles réduisent la capacité de l'ennemi à obtenir un soutien matériel et peuvent aussi renforcer les ressources publiques destinées à la reconstruction.

Questions pour les autorités et la société

La transformation de ces décisions judiciaires en un mécanisme stable de retour des capitaux volés ou compromis dans la circulation publique dépendra de la rapidité des enquêtes, de la transparence des ventes aux enchères et de la coopération internationale pour le gel des actifs à l'étranger. De cela dépendra aussi l'efficacité avec laquelle l'État interrompra les flux financiers et logistiques alimentant l'agresseur.

Contexte pour le lecteur attentif : la décision du tribunal de Kropyvnytskyï n'est pas seulement une affaire pénale. Elle constitue un élément d'une stratégie systémique qui combine actions des forces de l'ordre, politique économique et politique de sécurité de l'Ukraine.

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