Le commandant d'une unité qui a besoin d'un drone avec un temps de vol spécifique, un type de communication particulier et une charge utile exacte pour des opérations de reconnaissance au-dessus d'une zone boisée devait auparavant choisir parmi les modèles disponibles dans le catalogue. Aujourd'hui, il peut rédiger lui-même le cahier des charges — et attendre que les fabricants proposent leurs prix. Brave1 Market a lancé la possibilité de commander des drones entièrement personnalisés, ce qui change la logique des achats dans un secteur où la rapidité et la précision adaptées à une mission spécifique importent souvent plus que la standardisation.
Ce qui peut être « configuré » dans la commande
L'unité formule une demande en indiquant les caractéristiques tactiques et techniques souhaitées, la quantité et les délais de livraison. Selon le service de presse du ministère de la Défense, la personnalisation couvre plus de 17 paramètres — type de communication, caméras, masse de la charge utile, temps de vol. Cela permet de commander un drone non pas « en général », mais pour une mission spécifique : une surveillance longue durée est une chose, un raid de frappe rapide en est une autre.
Le système envoie automatiquement la demande aux fournisseurs potentiels. Ceux-ci peuvent répondre ou ignorer la demande, tandis que le commanditaire ne sait pas qui a soumis l'offre. Si plusieurs offres correspondent aux spécifications techniques, une enchère automatique s'engage — le plus bas prix remporte le marché. Par la suite, l'unité conclut un accord direct avec le fabricant.
Où se situe le risque de corruption
Le ministère de la Défense souligne que l'anonymat des fournisseurs lors de la phase de candidature et les enchères automatiques en cas de correspondance des caractéristiques rendent impossible la collusion entre le commanditaire et un fabricant spécifique. C'est un problème réel que ce mécanisme tente de résoudre : dans les achats avec des spécifications particulières, il existe toujours une tentation de « formuler » les exigences pour un seul fournisseur. L'automatisation des enchères en cas de correspondance des offres est une tentative de rendre techniquement impossible un tel scénario, plutôt que de simplement déclarer l'honnêteté de la procédure.
Le ministère précise également que l'on peut commander même des solutions non codifiées par le ministère de la Défense — c'est-à-dire des technologies qui n'ont pas encore suivi le cycle bureaucratique complet de reconnaissance, mais qui sont déjà prêtes à la livraison.
La principale limitation — les finances
La fonctionnalité des commandes personnalisées fonctionne actuellement exclusivement pour les achats financés par les fonds propres des unités, et non par des points électroniques — un instrument d'État pour financer les achats de drones. Cela signifie que l'accès au « constructeur » de drones ne concerne pas toutes les unités, mais uniquement celles disposant d'un budget propre ou d'un soutien bénévole. La rapidité avec laquelle Brave1 intégrera la personnalisation au financement d'État via les points électroniques dépendra de la capacité du système à supporter la charge sans dysfonctionnements dans les secteurs moins bien dotés.
Parmi les technologies actuellement disponibles figurent les drones FPV-kamikazes, les drones FPV-kamikazes sur fibre optique et les intercepteurs de type aérien. Platform prévoit d'élargir la liste en ajoutant des complexes robotisés terrestres.
Contexte : centralisation des achats
- À partir du 1ᵉʳ janvier, tous les achats pour l'armée — armements, vêtements, munitions, ravitaillement — sont effectués par l'Agence des achats de défense du ministère de la Défense.
- Début avril, la première ministre de l'époque, Yulia Svyrydenko, a annoncé que l'AOZ administrerait le catalogue électronique Prozorro Market pour les commanditaires de défense, obtenant la possibilité de travailler indépendamment avec les fournisseurs et de vérifier la conformité des produits aux exigences.
Si la personnalisation s'étend aux achats financés par l'État, cela pourrait constituer une épreuve de solidité pour l'ensemble du modèle Brave1 — le système automatisé d'enchères pourra-t-il supporter l'ampleur quand des centaines d'unités sans budget propre y seront connectées.