Deux navires de COSCO ont renoncé à traverser le détroit d'Ormuz — qu'est-ce que cela signifie pour le commerce et le marché de l'énergie ?

Le premier passage de gros porte-conteneurs depuis le début de l'escalade n'a pas eu lieu — un signal que la sécurité de la navigation dans le golfe Persique ne peut pour l'heure être garantie. Nous examinons pourquoi cela est important et quelles sont les conséquences pour les chaînes d'approvisionnement mondiales.

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CSCL Arctic Ocean (фото – MarineTraffic)

Ce qui s'est passé

Selon le service de suivi des navires MarineTraffic, deux grands porte-conteneurs de COSCO — CSCL Indian Ocean et CSCL Arctic Ocean — ont fait demi-tour vendredi et n'ont pas traversé le détroit d'Ormuz. Les navires battent pavillon de Hong Kong et desservent la route entre le Moyen-Orient et l'Extrême-Orient. Il s'agit de la première tentative enregistrée d'un grand transporteur de conteneurs de traverser le détroit depuis le début de l'escalade actuelle.

Pourquoi les navires ont fait demi-tour

Les commentaires officiels de COSCO sur les raisons du demi-tour sont rares, mais des sources médiatiques et des analystes relient cet acte à l'impossibilité de garantir la sécurité du passage après une série de frappes aériennes et d'attaques par missiles/drones dans la région. Plusieurs titres — notamment Nikkei Asia et Caixin — rapportent que COSCO a temporairement suspendu les réservations de voyages dans la région et prévoit désormais d'acheminer une partie des cargaisons vers des ports à l'est d'Ormuz, puis de les livrer par voie terrestre.

« Nous n'avons pas vu de porte-conteneurs quitter le golfe depuis le début du conflit. Il n'y a eu que quelques tentatives »

— Rebecca Gerdes, analyste des données chez MarineTraffic

Ce que disent les experts et les données

Les analystes attirent l'attention sur plusieurs points clés : premièrement, la sécurité est un facteur qui influence directement les décisions des transporteurs et des compagnies d'assurance ; deuxièmement, même un blocus partiel du détroit modifie les chaînes d'approvisionnement et augmente les coûts opérationnels.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estimait en 2025 qu'environ 20 millions de barils de pétrole par jour transitaient par le détroit d'Ormuz — soit près de 25 % des exportations pétrolières maritimes mondiales. Les restrictions sur la circulation des pétroliers font monter les prix du pétrole et renforcent les risques logistiques pour le commerce mondial.

Conséquences pour les marchés et pourquoi c'est important pour l'Ukraine

Pour le lecteur qui suit la stabilité économique et le soutien géopolitique à l'Ukraine, cela a plusieurs conséquences concrètes. La hausse des prix de l'énergie et les perturbations des chaînes d'approvisionnement compliquent la situation économique en Europe et dans le monde — et affectent donc la capacité financière des partenaires qui soutiennent notre défense. De plus, les changements dans les itinéraires de transport sapent la prévisibilité des approvisionnements en matériaux et composants critiques.

Et maintenant

Tant que COSCO évite le passage d'Ormuz, les transporteurs chercheront des alternatives : rediriger les cargaisons vers d'autres ports, recourir à des itinéraires combinés « mer + route » et augmenter les transports sous pavillon de pays qui continuent d'opérer dans la région. Cela augmentera le coût et la durée des livraisons.

Des questions demeurent : les États pourront-ils garantir la sécurité des voies maritimes clés sans aggraver le conflit, et combien de temps le marché supportera-t-il ces coûts supplémentaires ? Les réponses à ces questions détermineront le rythme et la qualité du rétablissement d'un commerce normal.

Sources : MarineTraffic, Nikkei Asia, Caixin, AIE ; chronique d'Oleh Sarkitsa sur LIGA.net (contexte analytique sur l'impact sur le marché).

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