Le Cabinet des ministres a exempté de contrôles les biens endommagés par les activités commerciales — mais seulement s'il existe une raison valable

Le gouvernement a annulé les inspections des propriétés commerciales détruites ou endommagées à la suite des combats. Cette décision s'inscrit dans un moratoire plus large du Conseil de sécurité nationale du 21 juillet — et s'en distingue fondamentalement par son champ d'application.

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Le 24 juillet 2025, le Cabinet des ministres a approuvé un plan de mise en œuvre de la décision du Conseil de sécurité et de défense nationale (CSDN) concernant un moratoire sur les inspections non fondées des entreprises. Le même jour, le gouvernement a défini dans une démarche distincte les biens qui seraient soustraits aux inspections dans leur totalité — sans lien avec le niveau de risque de l'entreprise.

Selon la première ministre Julia Svyrydenko, l'exemption des inspections s'étend à trois catégories de biens immobiliers des entreprises :

  • détruits ou endommagés du fait des opérations militaires ;
  • situés sur les territoires des opérations militaires actives, potentielles ou temporairement occupés ;
  • situés sur les terres contaminées ou probablement contaminées par des engins explosifs.

Ce n'est pas la même chose que le moratoire général. Par le décret présidentiel n° 538/2025 du 21 juillet, la décision du CSDN a été mise en vigueur, qui limite les inspections programmées pour les entreprises présentant un faible niveau de risque — mais maintient le contrôle dans les secteurs à haut risque, notamment la circulation des produits accisables. La nouvelle décision concernant les biens endommagés supprime les questions d'inspection indépendamment du secteur d'activité.

« À partir du 24 juillet, les autorités fiscales et douanières restreindront les inspections pour les entreprises à faible risque. Exception : les secteurs à haut risque, comme la circulation des produits accisables, où le contrôle est nécessaire »

— Julia Svyrydenko, première ministre d'Ukraine

Le contexte est important : selon la Banque mondiale, environ 20 % des entreprises ukrainiennes ont subi des destructions physiques directes du fait des opérations militaires. Selon l'évaluation de l'École économique de Kyïv, les pertes économiques directes dues à la guerre s'élèvent à environ 88 milliards de dollars. En 2025, 780 entreprises ont engagé une procédure de faillite.

En parallèle, le gouvernement a lancé un programme de crédit pour la reconstruction : les petites et moyennes entreprises peuvent obtenir jusqu'à 150 millions de hryvnias dans le cadre du programme « Crédits accessibles 5-7-9 % » à un taux de 0,1 % par an pendant les deux premières années.

La logique de cette décision est claire : une entreprise qui n'a pas de toit ne devrait pas gaspiller ses ressources pour interagir avec les organes de contrôle. Cependant, le mécanisme de vérification du fait même des dommages n'est pas décrit publiquement dans la décision — et c'est exactement là que pourrait naître un espace pour les abus ou, au contraire, pour les blocages bureaucratiques.

Si au cours du mois le Service d'État de régulation présente les propositions promises en matière de dérégulation, il sera clair si cette décision d'aujourd'hui fait partie d'une réforme systémique de l'activité de contrôle et de surveillance — ou si elle représente une simple concession face à la nécessité militaire.

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