Trois célébrations — le 26 juin — sont unies non par une coïncidence du calendrier, mais par un thème commun : ce qui se passe lorsque l'État décide quel symbole est légal, quel corps est inviolable et quelle dépendance est un crime, tandis qu'une autre est une maladie.
Le drapeau qui n'existe pas sur la carte officielle de la Crimée
Le champ bleu avec le tarak-tamga doré dans le coin supérieur gauche a été restauré en tant que symbole national des Tatars de Crimée en 1991 — par décision du deuxième Qurultay du peuple tatar de Crimée, qui s'est tenu à Simféropol. Cependant, le drapeau officiel de la République autonome de Crimée, approuvé à la même époque, arbore des couleurs bleu-blanc-rouge — une copie quasi exacte du tricolore russe.
La différence entre les deux drapeaux n'est pas esthétique. Après 2014, le tarak-tamga sur la péninsule occupée est devenu un motif d'arrestations. En revanche, en Ukraine, depuis 2010, le 26 juin est le Jour officiel du drapeau des Tatars de Crimée.
« Mavi Koc — la couleur bleue chez les peuples turcs — est un synonyme de pureté et de liberté. Ce drapeau existait déjà à l'époque du Khanat de Crimée »
— historienne, citée par Suspilne Krym
Le tarak-tamga est le signe généalogique de la dynastie des Giray, les souverains du Khanat de Crimée. Il figurait sur les sceaux des khans et les monnaies bien avant de devenir l'emblème national au XXe siècle. Le mot « tamga », selon certains chercheurs, aurait donné naissance au mot « douane » — c'est-à-dire une marque attestant le droit de propriété et l'origine.
Le même jour : l'ONU et l'interdiction de la torture
Le 26 juin 1987, la Convention des Nations unies contre la torture est entrée en vigueur. C'est en son honneur que l'Assemblée générale a proclamé cette date en 1997 comme étant la Journée internationale de soutien aux victimes de torture. Le principe de la convention est catégorique : la torture ne peut être justifiée ni par la guerre, ni par des considérations de sécurité, ni par des raisons politiques.
Pour les Tatars de Crimée, qui sont retenus depuis 2014 dans des centres de détention préventive russes, la coïncidence des dates n'est pas symbolique, mais pratique : cette convention est l'un des instruments juridiques auxquels les avocats se réfèrent dans les instances internationales.
La troisième célébration : les stupéfiants comme problème médical et non seulement criminel
Ce même jour est marqué par la Journée internationale de lutte contre l'abus de drogues et le trafic illicite de stupéfiants — établie par l'ONU en 1987 après une conférence internationale qui a adopté un plan d'action global. L'ONU souligne que le problème de la drogue a non seulement une dimension criminelle, mais aussi une dimension médicale et sociale — l'accent étant mis sur la prévention de la dépendance et la réadaptation, plutôt que simplement sur les poursuites.
- Journée du drapeau des Tatars de Crimée — célébrée en Ukraine depuis 2010, établie par décision du Qurultay de 1991
- Journée de soutien aux victimes de torture — proclamée par l'ONU en 1997, liée à l'entrée en vigueur de la Convention contre la torture
- Journée de lutte contre la drogue — établie par l'ONU en 1987, l'accent étant mis sur la réadaptation parallèlement à la lutte contre le trafic
Ces trois dates sont unies par une question que l'ONU pose depuis longtemps, mais à laquelle chaque État répond à sa manière : où est la limite entre symbole et menace, entre punition et protection, entre interdiction et crime. Pour les Tatars de Crimée, cette question n'est pas abstraite — tant que le tarak-tamga reste interdit sur la péninsule occupée, la Journée du drapeau à Kyïv est un acte politique, et non simplement une date calendaire.
Si la Cour pénale internationale émet effectivement des mandats d'arrêt pour torture contre les auteurs de l'arrestation des Tatars de Crimée — le 26 juin deviendra-t-il alors le jour où le symbole et l'instrument juridique convergent enfin en un seul point ?