Un pétrolier sanctionné a traversé le détroit d'Ormuz — et personne ne l'a arrêté

Rich Starry, un pétrolier chinois soumis aux sanctions américaines, a traversé le détroit sans entrave dès le deuxième jour suivant l'imposition du blocus de Trump. Il s'agit du premier test pratique de la nouvelle opération maritime — et il a révélé ses limites.

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Фото: Vesselfinder

Au départ, tout semblait être un repli : Rich Starry s'est retourné 20 minutes après le début du blocus et s'en est allé. Mais le lendemain, le pétrolier a tenté à nouveau l'opération — et a réussi. Sans retard, sans intervention de la flotte américaine.

Quel navire et pourquoi c'est important

Rich Starry est un pétrolier d'un port en lourd de 36 000 tonnes, anciennement connu sous le nom de Full Star. Il appartient à Full Star Shipping, qui partage des coordonnées communes avec Shanghai Xuanrun Shipping Company — une entreprise soumise aux sanctions américaines depuis mars 2023 pour avoir aidé l'Iran à contourner les restrictions énergétiques. Dans le champ de destination du signal AIS, le navire a indiqué : « propriétaires et équipage chinois ».

Selon les données de Kpler et MarineTraffic, à bord se trouvent 250 000 barils de méthanol, chargés dans le port émirati de Hamriyah, et non dans les ports iraniens. C'est probablement cela qui a déterminé le résultat.

Où se situe la véritable limite du blocus

Trump a d'abord annoncé un blocus complet du détroit. Mais le CENTCOM a rapidement précisé la formulation :

« Les forces du Commandement central n'empêcheront pas la liberté de navigation des navires en transit par le détroit d'Ormuz vers et depuis les ports qui ne sont pas iraniens ».

US Central Command

Le blocus a pris effet après l'échec des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad samedi. En 40 jours de guerre, l'Iran a gagné environ 9 milliards de dollars sur les exportations de pétrole ; le blocus devrait coûter à Téhéran environ 150 millions de dollars par jour.

Réactions et effets secondaires

Le prix du pétrole Brent a augmenté de 7 % — à environ 102 dollars le baril, alors qu'avant le début de la guerre, il était d'environ 70 dollars. L'AIE, la Banque mondiale et le FMI ont avertis que même après la reprise de la navigation, les prix du carburant et des engrais pourraient rester élevés pendant une longue période en raison des dommages aux infrastructures.

Le gouvernement britannique a refusé de soutenir le blocus, affirmant qu'il soutient la liberté de navigation et l'ouverture du détroit comme « nécessaire de toute urgence pour l'économie mondiale ». Macron a appelé à une « mission multinationale pacifique » pour rétablir la navigation.

  • Ce que le blocus arrête : les navires à destination ou en provenance des ports iraniens
  • Ce qu'il n'arrête pas : les navires frappés de sanctions avec des cargaisons en provenance de ports non iraniens
  • Transits clandestins : les navires de la flotte fantôme qui désactivent l'AIS restent hors de tout contrôle effectif

Un précédent, pas une exception

Rich Starry n'est pas un cas isolé. Reuters rapporte qu'un autre pétrolier frappé de sanctions a également pénétré dans le détroit le même jour. Le passage de Rich Starry ne montre pas l'échec du blocus, mais ses limites architecturales : il est ciblé, mais facilement contournable par des transbordements dans des ports neutres.

Si Pékin réoriente systématiquement le chargement du pétrole iranien par le biais de ports tiers — comme Hamriyah — avant que les États-Unis ne ferment cette faille, restera-t-il suffisamment de poids au blocus pour forcer Téhéran à revenir à la table des négociations ?

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