Le président américain Donald Trump envisage de soulever la question de l'achat de pétrole iranien par la Chine lors de sa prochaine conversation avec le leader chinois Xi Jinping. C'est ce qu'a rapporté le représentant américain au commerce James Greer, ajoutant une formulation ferme : quiconque achète du pétrole iranien finance le terrorisme du côté de Téhéran.
Ce n'est pas de la rhétorique pour la rhétorique. La Chine est le plus grand acheteur de pétrole iranien — selon diverses estimations, elle absorbe plus de 80 % des exportations pétrolières iraniennes. Sans cette demande, la pression des sanctions américaines sur l'Iran perd une grande partie de son effet économique : Téhéran obtient des devises qui servent notamment au financement du HAMAS, du Hezbollah et des Houthis.
Conflit d'intérêts — pas caché
Le problème est que Washington mène avec Pékin des négociations parallèles sur la réduction des tarifs après l'escalade commerciale du printemps 2025. La pression sur la Chine via l'Iran contredit la logique de la recherche d'un compromis commercial — et Pékin le comprend. Le côté chinois rejette traditionnellement la rhétorique des sanctions américaines envers les tiers comme une « application unilatérale coercitive de la législation américaine ».
L'administration Trump tente de résoudre cette contradiction par le concept de « pression maximale » sur l'Iran — c'est-à-dire forcer Téhéran à l'isolement complet, obligeant tous les partenaires à choisir entre le pétrole iranien et l'accès au marché américain. Mais ce choix, la Chine l'ignore déjà de facto depuis des années — achetant du pétrole par le biais d'intermédiaires et de régimes de paiement occultes.
Ce que cache la déclaration de Greer
La déclaration du représentant au commerce est un signal que Washington veut inscrire la question iranienne à l'ordre du jour des négociations avec Xi. Mais inscrire à l'ordre du jour et exercer une véritable pression sont deux choses différentes. Les États-Unis ont imposé des sanctions à plusieurs intermédiaires chinois qui commercent le pétrole iranien, mais n'ont pas systématiquement puni les grandes entreprises d'État chinoises, craignant une escalade de la guerre commerciale.
Si Trump soulève vraiment cette question auprès de Xi — et n'obtient aucune concession — l'administration se trouvera face à un choix : soit intensifier la pression et risquer les négociations commerciales, soit battre en retraite et reconnaître que la « pression maximale » a ses limites là où commence la Chine.
Les États-Unis sont-ils prêts à imposer des sanctions secondaires aux grandes entreprises d'État chinoises pour l'achat de pétrole iranien — ou la conversation avec Xi restera-t-elle un signal sans conséquences ?