La NBU a établi le taux de change officiel au 11 juin à 44,9790 grn/$ — soit 13,5 kopiyky de plus que la veille. Le précédent record — 44,8437 grn/$ — a tenu exactement un jour. L'euro reste stable : 51,89 grn.
Pourquoi la hryvnia s'affaiblit régulièrement et non par à-coups
La NBU applique une dévaluation contrôlée : le taux de change officiel se forme sur la base du marché interbancaire, mais le régulateur vend quotidiennement des devises pour compenser le déficit structurel. Selon ICU, durant les cinq premiers mois de 2026 seulement, la NBU a vendu sur le marché interbancaire 18,1 milliards $ — contre 14,3 milliards $ pour la même période l'année dernière. La différence de 4 milliards $ — c'est le prix du soutien du taux dans un contexte de déséquilibre croissant entre l'offre et la demande de devises.
Depuis le début de l'année, le dollar s'est apprécié de 4,4 %, l'euro de 3,2 %. Au cours des 12 derniers mois, le taux de change nominal de la hryvnia a baissé de 7,8 %.
Ce que cela signifie pour les épargnes
Taras Liessovyy, directeur du département des marchés financiers de la Globus Bank, appelle à ne pas acheter de devises « à tout prix » : le taux de base de la NBU à 15 % devrait, selon les prévisions, se maintenir jusqu'au deuxième trimestre 2027, ce qui rend toujours les dépôts en hryvnia avantageux. Selon lui, les déclencheurs pour changer cette logique seraient un taux de 46–46,5 grn ou une inflation de 11–13 % — pour le moment, les deux indicateurs restent en marge du risque, et non un scénario de base.
« Même dans ces conditions, nous ne nous attendons pas à ce que la NBU accélère le rythme de dévaluation de la hryvnia. Elle ne pourrait opter pour ce scénario que en cas de réduction drastique de l'aide extérieure ».
Analystes du groupe d'investissement ICU
Prévision : 45,8 grn — et c'est déjà la troisième dégradation
ICU a révisé à la baisse ses prévisions pour la deuxième fois : fin 2025, la compagnie s'attendait à 44,3 grn/$, en février 2026 elle a relevé le seuil à 45 grn/$, maintenant — à 45,8 grn/$. Les principaux facteurs : l'augmentation du déficit du compte courant, les interventions record de la NBU et les pressions inflationnistes dues à la situation au Moyen-Orient, qui a fait monter les prix de l'énergie. En même temps, les analystes notent : tant que le soutien financier international couvre entièrement le déficit budgétaire, il n'y a pas de raison à une chute brutale du taux.
Si les entrées extérieures au second semestre ralentissent ou si le programme du FMI rencontre un nouveau retard — la prévision d'ICU à 45,8 deviendra à nouveau le point de départ pour un nouvel examen, et non le chiffre final.