600 millions pour Tchernobyl — tandis que les donateurs internationaux cherchent 500 millions d'euros pour le dôme qui n'isole déjà plus le réacteur

La Rada suprême a alloué des fonds supplémentaires pour l'entretien de la centrale nucléaire de Tchornobyl, mais la logique interne des chiffres révèle l'ampleur réelle du problème : l'argent ukrainien couvre les dépenses opérationnelles, alors que le confinement n'a toujours pas été restauré après la frappe de drone en février 2025.

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Фото: EPA / SERGEY DOLZHENKO

Les amendements au budget de l'État adoptés par la Verkhovna Rada permettront de consacrer près de 600 millions de hryvnias au fonctionnement sécurisé de la centrale nucléaire de Tchornobyl et de la zone d'exclusion. Selon les paroles du premier vice-premier ministre — ministre de l'Énergie Denis Shmygal, 525 millions de hryvnias iront au soutien des blocs de la station et de l'objet « Abri », tandis que plus de 72 millions de hryvnias seront destinés au monitoring écologique de la zone d'exclusion et aux mesures de lutte contre les incendies.

Ce que cet argent couvre — et ce qu'il ne couvre pas

600 millions de hryvnias — c'est environ 14 millions d'euros au taux actuel. À titre de comparaison : après la frappe du drone russe « Géran-2 » en février 2025 sur le confinement de sécurité (New Safe Confinement), l'évaluation initiale des dégâts s'élève à au minimum 500 millions d'euros. Autrement dit, les fonds budgétaires ukrainiens couvrent moins de 3% du coût de la seule restauration du dôme.

« Le confinement a perdu ses fonctions de sécurité initiales, notamment sa capacité d'isolation »

— directeur de l'AIEA Rafael Grossi après une inspection en décembre 2024

L'AIEA n'a pas détecté de dégâts structurels aux structures porteuses du dôme, cependant une restauration complète a été reconnue comme nécessaire — sans elle, la ressource calculée de 100 ans de la structure serait menacée par la corrosion.

Qui finance la restauration et à quelles conditions

La coordination du financement international a été prise en charge par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui est depuis les années 1990 le principal bailleur de fonds des projets de Tchornobyl. Le coût total de la restauration du confinement aux normes de 2030 est estimé à 500 millions d'euros — c'est précisément ce chiffre que le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé en mars après une réunion du G7. Les États-Unis ont déjà annoncé l'allocation de 100 millions de dollars comme première contribution. La BERD prépare la première tranche, mais les délais de sa fourniture n'ont pas encore été annoncés.

  • La frappe du drone du 14 février 2025 a endommagé les revêtements extérieur et intérieur du dôme et détruit la couche d'isolation.
  • Il n'y a pas de menace radiologique directe — la couche la plus profonde de la structure n'a pas été percée.
  • Sans restauration complète d'ici 2030, la corrosion pourrait compromettre l'isolation à long terme du quatrième réacteur.

La réalité opérationnelle : une centrale sans production d'électricité

La centrale de Tchornobyl n'a pas produit d'électricité depuis 2000, mais elle nécessite un personnel permanent et un financement — pour le refroidissement du combustible nucléaire usé, le monitoring du rayonnement et l'entretien des infrastructures. C'est précisément ce que couvrent les 525 millions de hryvnias de la nouvelle décision budgétaire : les salaires, l'entretien technique, les frais de fonctionnement. Ce n'est pas une « reconstruction » — c'est le prix quotidien de l'entretien d'un objet que l'humanité ne peut pas simplement fermer à clé.

Si la BERD n'approuve pas la première tranche pour la restauration du confinement d'ici la fin de 2025, l'Ukraine se trouvera face à un choix : rapiécer le dôme aux dépens d'un budget déjà déficitaire ou accepter le fait que la structure, construite pour 1,5 milliard d'euros de fonds internationaux, se dégraderait plus vite que prévu.

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