La Banque d'investissement internationale (BII), associée à Petro Porochenko, a intenté une action en justice contre la Banque nationale d'Ukraine. L'objet du litige est une amende de 13,52 millions de hryvnias infligée par le régulateur à l'établissement financier. La BNU a confirmé son intention de défendre sa position devant les tribunaux.
Le montant de l'amende pour le secteur bancaire n'est pas critique. Mais le fait même du recours judiciaire revêt une autre dimension. La BII remet effectivement en question la légalité de la décision du régulateur, et c'est désormais au tribunal de déterminer si la BNU a agi dans le cadre de ses compétences.
Ce que l'on sait sur l'amende
La BNU n'a pas divulgué publiquement les détails de la violation qui a justifié la sanction. Le régulateur s'est contenté de confirmer le fait de l'amende et son intention de défendre sa légalité devant le tribunal. La BII n'a pas non plus détaillé publiquement sa position.
L'absence d'argumentation publique des deux côtés est un problème en soi. Le public, qui est de facto une partie prenante dans les questions de surveillance du système bancaire, reste en dehors du contexte.
Pourquoi c'est bien plus qu'un simple différend commercial
La BII n'est pas une banque ordinaire. Son association avec Porochenko signifie que toute décision dans cette affaire recevra une lecture politique, quel que soit le gagnant. Si la BNU perd, la question se posera de savoir si les motifs de l'amende étaient suffisants. Si la BII perd, la banque et ses propriétaires subiront un coup supplémentaire à leur réputation.
En même temps, le précédent est important au niveau systémique : une banque privée peut-elle contester efficacement les décisions du régulateur devant les tribunaux ukrainiens, et ce système peut-il supporter la pression lorsque l'un des participants est soutenu par un politicien influent.
Le régulateur dans le rôle de défendeur
La BNU a considérablement renforcé sa surveillance du secteur financier ces dernières années. Mais les recours judiciaires contre les amendes ne sont pas rares, et tous ne se sont pas conclus en faveur du régulateur. Chaque défaite au tribunal mine effectivement l'effet dissuasif des sanctions.
Si le tribunal annule l'amende de la BII, aura-t-il des conséquences sur la volonté d'autres banques de se conformer aux exigences de la BNU sans appels judiciaires ?